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La vision du Prince héritier Mohammed Ben Salmane

Le Prince héritier Mohammed Ben Salmane Al Saoud.

Le Prince héritier Mohammed Ben Salmane Al Saoud raconte la transformation de son pays à travers le programme Vision 2030.

En 2015, le Prince héritier Mohammed Ben Salmane a été nommé ministre de la Défense, le plus jeune au monde à obtenir ce titre. À l’écoute de son entretien télévisé qui a eu lieu en mai 2017, il est plus facile de comprendre la portée du projet Vision 2030 pour l’Arabie saoudite.

Outre sa direction, il semble que l’envergure du projet exige que les détails soient partagés de façon progressive, afin de ne pas choquer les mœurs d’une société encore conservatrice à plusieurs égards. Lorsque le lancement de Vision 2030 a été annoncé au printemps 2016, deux priorités étaient mises en avant :

« Deux volets ont été lancés : le programme national de transformation et le programme d’équilibre budgétaire », explique le Prince héritier. « Ces projets devraient être réalisés entre 2017 et 2020 (…). Nous menons une course contre la montre, nous ne voulons pas être en retard, et en même temps nous voulons atteindre des résultats concrets ».

Une économie diversifiée


Pourtant, il semble bien que le Prince héritier Mohammed Ben Salmane ne souhaite pas perdre de temps. En mai dernier, s’exprimant sur la chaîne de télévision saoudienne MBC, il précise que 10 programmes ont d’ores et déjà été adoptés pour 2020 dans le cadre de Vision 2030.

Un des objectifs de Vision 2030 est de répondre au défi majeur de l’Arabie saoudite : réduire sa dépendance à l’or noir.

« Nous constatons que le déficit budgétaire est inférieur à ce que les experts locaux et mondiaux attendaient pour 2015, 2016 et 2017. Nous avons également constaté que les revenus non pétroliers ont presque doublé au cours de ces deux ans, passant de 111 milliards de SAR à environ 200 milliards de SAR » explique  le Prince héritier Mohammed Ben Salmane, en parlant de l’impact de la Vision sur l’économie, depuis son lancement l’an dernier.

Interrogé sur l’avenir de la société saoudienne Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde (et qui sera prochainement partiellement privatisée, dans le cadre  de ce qui devrait être la plus grande introduction en bourse au monde pour une entreprise), il répond :

« Aramco (…) aidera à cibler de nombreux secteurs à l’intérieur et à l’extérieur de l’Arabie saoudite. L’un des secteurs les plus importants qu’Aramco financera au sein de l’Arabie saoudite est l’industrie minière. Selon une enquête des années 1970, mise à jour l’année dernière, le secteur minier pourrait générer près de 1,3 billion de dollars. La valeur de l’or seul s’élève à 240 milliards de dollars, mais cela nécessite un investissement très important ».

Une ville dédiée au divertissement

Vision 2030 accorde une place très importante au divertissement. Le Prince héritier a également évoqué des projets d’attribution de visas de tourisme et l’ouverture d’une « ville » du divertissement.

« Le divertissement est le secteur le plus difficile », précise-t-il, « parce que cette décision est tout d’abord prise par le citoyen saoudien(…). Ainsi, il est difficile d’investir dans un secteur qui exige que les citoyens soient convaincus de dépenser l’argent en Arabie saoudite plutôt qu’à l’étranger  ».

Ces changements doivent également inciter les entreprises étrangères à s’intéresser au marché saoudien, dont le cadre réglementaire ne cesse d’évoluer pour permettre une plus grande ouverture. A titre d’exemple, le Prince héritier évoque le cas des entreprises allemandes : les entreprises allemandes avaient un problème : en Arabie saoudite les autorisations sont accordées pour une durée d’un an, alors qu’elles planifient leur stratégie et leurs investissements sur une durée de quatre ans.

Pour résoudre ce problème, l’Arabie saoudite a effectué un changement et étendu la durée de l’autorisation à 5 ans. Des procédures simplifiées rendent l’Arabie saoudite plus attractive pour les entreprises étrangères.

La lutte contre la corruption

Un ministre saoudien, à l’origine de plusieurs initiatives audacieuses,  a récemment été renvoyé dans le cadre d’une affaire de corruption. Pour conclure son intervention, le Prince héritier a souhaité évoquer le rôle des médias sociaux dans la lutte contre ce problème :

« Je réitère que tout individu impliqué dans une affaire de corruption ne sera pas épargné, quel que soit son rang. Qu’il soit ministre ou prince. Il sera tenu responsable s’il y a suffisamment de preuves contre lui ».

Avant d’ajouter : « Les sources de preuves concernant la corruption ne peuvent pas être les réseaux sociaux, car nous ne savons pas ce qui est réel ou pas, s’il s’agit de falsifications, et quels sont les intérêts poursuivis. Tout citoyen saoudien qui a des documents ou des informations exposant un affaire de  corruption peut les soumettre à l’autorité compétente, principalement à la commission anti-corruption. Il doit faire confiance aux autorités compétentes et au rôle qu’elles ont à jouer ».