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Coronavirus, quel impact sur le prix du baril de pétrole ?

Si les pays du Moyen-Orient affichent la volonté de s’affranchir du commerce de pétrole comme principale (voire unique) ressource économique, ce jour n’est pas encore arrivé. C’est pourquoi il pourrait être intéressant, dans le contexte actuel d’épidémie de coronavirus, d’analyser quelles retombées pourraient avoir la propagation du virus sur le prix de l’or noir.

Dans un contexte pétrolier déjà marqué par une surabondance de pétrole brut, qui a forcé les pays exportateurs à réduire leur production pour soutenir les cours, et une production Libyenne en chute de 75 % en raison du blocage des terminaux pétroliers, la nouvelle de l’épidémie de coronavirus arrive littéralement comme un cheveu sur la soupe.

Peur d’une baisse de la consommation

Selon les économistes, le virus pourrait avoir un impact négatif de première envergure sur les marchés mondiaux, en affectant la demande de pétrole. De fait, alors que le nombre de décès et d’infections augmente, les interdictions de voyager vont se multiplier, limitant les déplacements et réduisant ainsi la consommation de carburant.

L’aéroport de Wuhan est fermé depuis plusieurs jours déjà.

Des craintes justifiées ?

Une situation qui n’est pas sans rappeler celle qui avait accompagné l’épidémie de SRAS en 2003. Ce à quoi le Prince Abdelaziz Ben Salmane, ministre de l’énergie de l’Arabie saoudite (premier pays exportateur de pétrole au monde, qui a annoncé qu’il suivait la situation avec attention), a déclaré que le “pessimisme extrême” qui avait alors affligé le marché, “n’avait pas entraîné de réduction significative de la demande de pétrole”. Dans les faits donc, le virus aurait davantage un impact sur les facteurs psychologiques que sur la consommation réelle.

Des indices qui souffrent

C’est donc bien la seule inquiétude qui, pour l’instant, produit un effet sur les cours du Brent… L’indice a ainsi chuté jusqu’à atteindre son niveau le plus bas depuis octobre, Peu avant midi hier, le prix du baril de brut américain WTI (West Texas Intermediate) lâchait ainsi 3,36% à 52,37, dans ce qui constitue la pire chute sur trois jours depuis le mois de septembre. Les pétroliers doivent se languir d’entendre des nouvelles rassurantes en provenance de Chine.