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Pourquoi le pétrole des Saoudiens est-il si important ?

A la suite des attaques qui ont ciblé les sites pétroliers de la compagnie énergétique Saudi Aramco - à quelques semaines seulement de son entrée en bourse, désormais ajournée - KAWA a voulu se pencher sur la question de l’importance du pétrole saoudien à l’échelle du monde.

En 1930, l’un des plus gros gisements de pétrole au monde a été découvert en Arabie saoudite qui est rapidement devenu le premier producteur mondial d’or noir, devant la Russie et les Etats-Unis. 

 

Aujourd’hui, le royaume détient la deuxième plus importante réserve prouvée de pétrole au monde. Avec plus de 11,5M barils/jour, il est même le premier exportateur mondial de brut. Le pays vit d’ailleurs majoritairement de la rente pétrolière, bien qu’il tend à s’en émanciper sous la houlette du prince réformateur Mohammed Ben Salmane. 

 

L’interruption récente de l’approvisionnement de l’Arabie saoudite a coupé 5 % de la production mondiale de pétrole (5,7M de barils par jour) et a suscité des inquiétudes quant à la façon dont les marchés pourraient combler cet écart à court terme.

 

L’impact sur les cours de l’or noir 

 

L’attaque ayant causé la plus soudaine baisse de production de l’histoire du pétrole, il ne faisait aucun doute qu’elle aurait un impact sur le cours du Brent, l’indice selon lequel on mesure le prix du précieux hydrocarbure. Et sans surprise, ce dernier a réalisé un bond historique au lendemain des attaques, avec des références en hausse de 10 %, et des analystes prédisant une flambée continue des cours. Du jamais vu. 

 

 

Pour les pays occidentaux, qui varient leurs sources d’importation et disposent de réserves conséquentes dans leurs différents dépôts (la France, à titre d’exemple, peut s’appuyer sur ses réserves pendant environ trois mois en cas de pénurie, ce dont il n’est pas question ici), il s’agit ici plus d’un “problème” que d’une véritable crise. Pour autant, une répercussion doit être attendue sur les coûts de consommation des ménages, ainsi que sur les marges des entreprises, puisque le prix des carburants s’aligne sur le cours du Brent. 

 

 

Pour certains pays asiatiques (l’Asie représente 72 % des exportations de l’Arabie saoudite en pétrole brut), comme l’Inde, qui importent les deux tiers de sa consommation de pétrole depuis le Moyen-Orient, et dispose de moindres réserves, la situation est plus inquiétante. Le pays a ainsi vu sa devise, la roupie, chuter de 0,9 % en une seule journée…   

 

Les pays qui pourraient combler le vide 

 

Face à un trou de cette ampleur dans la production mondiale, d’autres pays vont devoir assumer une partie de la demande. Parmi ceux-ci, les Etats-Unis et la Russie, autres membres du top 3 des pays producteurs et exportateurs, sont en pôle position. Le président des Etats-unis, Donald Trump a d’ores et déjà déclaré qu’il pourrait ouvrir les réserves stratégiques de son pays, en compilant toutefois avec certaines contraintes notamment d’ordre logistique. Quand au ministre russe de l’énergie, Alexander Novak, il s’est voulu rassurant, rappelant qu’au besoin, son pays serait en mesure de couvrir les besoins du marché. Ensuite, la demande pourrait se tourner vers d’autres pays de l’OPEP (Organisations des Pays Exportateurs de Pétrole), tels que les Emirats arabes unis, le Koweït (avec qui le royaume partage des réserves en commun, en territoire neutre), l’Irak, ou encore le Nigéria. 

 

Rappelons que les différentes mesures de contingence permettent d’amortir ce genre de chocs, auxquels le monde est préparé après de nombreuses itérations (site gazier de Tigantourine, en Algérie ; cyberattaque sur la station de Pivnichna, en Urkraine, entre autres). Le ministre de l’énergie, Abdelaziz ben Salmane, a d’ores et déjà déclaré que la production du royaume devrait revenir à la normale d’ici fin septembre.