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Découvrir les musiques orientales au Mucem de Marseille

Ceux qui sont de passage dans la cité phocéenne entre le 22 juillet et le 4 janvier prochain auront tout à loisir d’aller découvrir au Mucem, le musée-phare de la ville qui trône entre ses deux ports, une exposition musicale entièrement consacrée au folklore arabe, baptisée “L’Orient sonore”.

“Musiques oubliées, Musiques vivantes”. Telle est la phrase qui introduit le propos de cette exposition de 6 mois dans le plus grand musée d’une des plus grandes villes de France. En s’appuyant sur les collections de la Fondation AMAR (Arab Music Archiving and Researching), qui vise à préserver et de rendre accessible la musique du Moyen-Orient, l’exposition propose une plongée à travers la musique de tous les pays arabes, de l’Algérie à l’Irak, qui remonte aussi loin dans le temps que ne le permettent les archives.

 

Rechercher et archiver la musique arabe

La Fondation a été créée à l’impulsion de Kamal Assar, un homme d’affaires passionné par l’ancienne musique arabe, qui a beaucoup voyagé en Egypte, en Syrie, en Irak et en Tunisie, et accumulé d’innombrables cassettes. Plus tard, ce dernier a également racheté la plus grande collection de disques 78 tours de musique arabe existante, celle d’Abed al-Aziz Anani, un grand historien de musique au soir de sa vie. C’est le départ d’une grande aventure d’archives et de recherches qui donnera ensuite naissance à l’exposition.

Plusieurs mondes musicaux à découvrir

Au détour d’une visite au Mucem, on peut ainsi écouter (et même découvrir en vidéo) les chants extatiques entonnés par les souffistes égyptiens lors des « mawâlid al-suffiya », ces célébrations à la gloire de Dieu et ses prophètes, qui mettent les milliers de visiteurs présents dans une sorte de transe. On peut également découvrir les chants et les percussions qui rythment le quotidien des pêcheurs bahreïnis sur et en dehors des bateaux, et à quel point la musique s’adapte à leur train de vie (travail, repos, divertissement, etc.).

 

On y découvre encore le marjû’, cette musique traditionnelle des Chaâmbas, une tribu venue d’Arabie pour s’installer dans le désert d’Algérie, qui se joue avec flûte et tambours, ou bien on y visionne une vidéo dans laquelle se répondent les quatre derniers interprètes d’Al-anîn, dans les villages fermiers entre Louxor et Assouan, qui composent au fil de leur performance un débat musical improvisé au fil de leurs mélodies lancinantes.

Un salon d’écoute et de regards

En tout, ce ne sont pas moins de douze traditions musicales orales menacées de disparition pour lesquelles un travail inédit de recherche, de documentation et de captation a été mené sur le terrain entre 2016 et 2019, qui sont présentées, pour le plus grand plaisir des visiteurs. « L’Orient sonore » se présente tel un salon d’écoute et de regards. Plongé au milieu des voix et des instruments, de la musique et des images en mouvement, le public est invité à s’immerger dans un ailleurs musical sensuel et profond, afin de découvrir l’expérience vive des traditions musicales du monde arabe.

Seul bémol, l’exposition a été réfléchie avant l’apparition du coronavirus, et conçue pour être visitée avec des casques audio, qui ne peuvent plus, conformément aux règles d’hygiène en vigueur, fournir le matériel. L’expérience peut donc s’avérer par moment un peu “cacophonique”, mais elle vaut tout de même le détour.