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Djibouti : ces mineurs d’or blanc qui traversent « l’enfer »

Les précieuses perles de sel du lac Assal. Crédits photo : Jon Evans

Le lac Assal de Djibouti est à la fois le point le plus bas d'Afrique et la plus grande réserve de sel au monde. Il contient plus de six millions de tonnes de sel, une denrée précieuse. Après des milliers d'années, les mineurs locaux endurent toujours le pénible voyage à travers les hauts plateaux et dans la dépression de Danakil avec leur train à chameaux transportant "l'or blanc" vers l'Éthiopie.

On les appelle Cushtites, ou Afars… Encore aujourd’hui, ces habitants de la Corne de l’Afrique continuent courageusement à supporter les 6000 kilomètres de marche à travers les vents mordants et le soleil brûlant, afin de gagner honnêtement leur vie grâce à la vente du sel du lac Assal. Leur plus grand obstacle est une région que beaucoup ont surnommé l’enfer : la dépression de Danakil, une divergence de plaques tectoniques avec des volcans en éruption et des températures de 60°C.

 

L’extraction qui pique

Avant de pouvoir charger leurs chameaux de briques de sel et prendre la route, ils doivent ouvrir le sol à mains nues pour en extraire le sel. Pour un œil non averti, le sel blanc cristallin ressemble à du sable, mais sa texture s’avère en réalité extrêmement douloureuse au toucher.

Les briques sont la forme la plus facile pour extraire et transporter le sel cristallisé. Mais la particularité du sel de ce lac réside dans sa forme rare de sphères parfaitement arrondies, les « Afar Salt Pearls« .

Salt miner in the Lake Assal

Un travail laborieux

Les briques de sel sont sculptées à la main sur les rives tandis que les perles de sel sont extraites sous l’eau intensément saumâtre du lac, près de 10 fois plus salée que l’eau de mer.

Même si elles sont petites et délicates, elles sont le moteur de ce voyage sans pitié en Éthiopie. Leur vente génère un modeste revenu pour les mineurs Afar et leurs familles qui travaillent en équipe. Les hommes passant le lac au crible tandis que les femmes trient soigneusement les perles en fonction de leur taille.

 

Maintenir la culture ancestrale

La taille des sphères de sel varie, dictée par la nature et ses vents implacables. Les granules, naturellement formées, parfaitement lisses et arrondies, sont convoitées depuis le 6e siècle.

Ceux qui sont suffisamment résolus à préserver le commerce de leurs ancêtres, voyagent jusqu’à cinq semaines avant d’atteindre l’Éthiopie avec leur caravane, faisant des arrêts – d’abord à Debye, puis à Barkato, Balho, et enfin à Aile Da-ar.

 

Mais la différence, c’est que leur activité s’étend désormais bien au-delà de leurs voisins, de nombreux touristes passant par le lac Assal pour apercevoir l’envoûtante étendue d’eau et mettre la main sur l’inestimable « or blanc« .