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Egypte : un pas en avant dans l’égalité homme femme ?

Après des mois de lutte judiciaire acharnée, une femme égyptienne a obtenu du tribunal des droits de succession égaux à ceux de ses frères, une première.

Huda Nasralla, une égyptienne de 40 ans, vient de remporter une longue et âpre bataille judiciaire au cours de laquelle elle n’aura eu de cesse de faire valoir son droit à une succession égale à celle de ses frères.

Une affaire de religion

De fait, l’Islam – qui a été la première religion à accorder aux femmes des droits de succession – accuse un temps de retard en ce qui concerne la législation liée à l’héritage. Dans l’Islam, les femmes n’héritent que de la moitié de la part de leur(s) frère(s). Malgré plusieurs tentatives de faire évoluer cette loi à travers le monde arabe, celle-ci subsiste encore aujourd’hui.

Huda Nasralla, elle, n’est pas musulmane. Elle est en faite copte (les habitants chrétiens d’Egypte), et, logiquement, refusait d’être jugée selon la loi islamique. “Il ne s’agit pas vraiment de l’héritage, mon père ne nous a pas laissé des millions, mais j’ai le droit d’être traitée de la même manière que mes frères” explique-t-elle.

Victoire du bon sens ?

Juridiquement, en Egypte, l’Eglise Copte gère elle-même sa propre législation concernant les mariages et les divorces. Mais la gestion des droits de succession revient, encore aujourd’hui, à l’Etat. Ce dossier crée ainsi la jurisprudence en accordant à Huda Nasralla des droits de succession en tous points égaux à ceux de ses frères. Mais plus que de l’égalité homme-femme, il s’agit en fait simplement d’un bel exemple de tolérance.