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Gbarena, la première plateforme pour e-sportifs au Moyen-Orient

E-Sports competition draw millions of spectators

Depuis plusieurs années, les compétitions de jeu vidéo en ligne se sont hissées comme une discipline à part entière dans le monde entier. Connues sous le nom de e-sport, elles rassemblent de plus en plus de joueurs et de spectateurs mais surtout, rapportent gros. En Egypte, un jeune entrepreneur a décidé de saisir sa part du marché en créant Gbarena, la première plateforme online pour e-gamers au Moyen-Orient.

Avec le développement des plateformes de streaming, l’e-sport a pu conquérir une large audience durant la dernière décennie. Les tournois internationaux se sont multipliés, atteignant jusqu’à des milliers de participants et des millions de spectateurs, et certains joueurs professionnels sont aujourd’hui tout autant sponsorisés que des sportifs de haut niveau. Estimé à 1,6 milliards de dollars en 2021, ce marché est détenu à 50% par l’industrie mobile, qui a déjà détrôné les jeux sur ordinateur ou consoles.

Amoureux de gaming, Samer Wagdy a fait de sa passion son job à plein temps. Avec quelques camarades d’université, cet ingénieur en informatique et développeur égyptien a créé Gbarena, une plateforme qui soutient la communauté e-gaming en favorisant les connexions entre joueurs, organisateurs de compétitions et sponsors.

Le mois dernier, ils ont levé une campagne de financement à six chiffres en dollars avec HiMangel, un fond d’investissement égyptien. De quoi donner un coup d’accélérateur à cette start-up déjà prometteuse. Son créateur s’est prêté au jeu des questions : 

Samer Wagdy, créateur de GBarena. (Twitter : Samer Wagdy)

Comment est née Gbarena ?

Mes partenaires actuels Mustafa Zaza et Bishoy Mesdary sont en fait d’anciens camarades de classe de l’Université de sciences et de technologie du Caire. Pour notre projet de fin d’études, nous avons développé une application mobile de gaming qui a gagné la coupe Microsoft Imagine, une compétition internationale pour les étudiants en informatique. Après avoir obtenu notre diplôme en 2016, nous avons décidé d’aller plus loin en créant Gbarena. Pour nous, c’était un moyen de gagner de l’argent en faisant ce que nous aimions, apporter quelque-chose à la communauté de gaming. Gbarena vient de l’arène, le nom de l’espace virtuel où les joueurs jouent en compétition.

Quels services propose cette plateforme?

L’e-sport est un terme connu dans l’industrie du gaming, où les gens jouent les uns contre les autres en compétition pour remporter des titres et des récompenses. Exactement comme au football. Le Paris Saint Germain par exemple possède une équipe de e-sport. Ces équipes sont sponsorisées par de grosses marques et participent à des tournois internationaux. Gbarena se présente comme un hub qui met en relation les joueurs qui souhaitent trouver des tournois, les organisateurs, et les sponsors qui veulent cibler des joueurs. C’est un outil qui aide les organisateurs à créer des tournois de A à Z, en automatisant tout le processus logistique, comme la communication avec les joueurs ou la recherche de sponsors. Notre plateforme gère tout, de l’enregistrement à l’organisation des matchs, en passant par l’annonce des gagnants et les statistiques.

Comment fonctionne votre business model ?

Nous avons bâti une grosse stratégie de partenariats avec des entreprises de média, des fabricants de matériels informatiques, ainsi que de grandes marques d’alimentation qui veulent toucher notre public afin de grandir au Moyen-Orient et aussi d’autres régions. Nous avons également récemment levé une campagne de financement avec un fond d’investissement au Caire.

L’E-sport représente des opportunités de sponsoring alléchantes

A quoi ressemble le paysage du e-gaming aujourd’hui en Egypte ?

En Egypte, nous avons une communauté de e-gamers qui dépense peu, mais très importante numériquement. L’année dernière, nous avons dépensé 2 millions de dollars par exemple, ce qui est un gros chiffre pour le pays. Mais l’e-sport reste un marché caché car les gens ne réalisent pas l’opportunité qu’il représente et le potentiel des joueurs. Notre premier client fut un distributeur de mobile, qui a pénétré le marché en créant un téléphone spécialisé pour le gaming. Nous leur avons suggéré d’organiser un tournoi pour eux en nous occupant de toute leur campagne de marque. Des entreprises ont investi jusqu’à 100000 livres égyptiennes (environ 6000 euros), ce qui représente un gros budget sponsoring pour le marché égyptien.

Vous avez beaucoup de partenaires d’incubation sur le site. Notamment français. Comment le projet a-t-il germé ?

Dès que l’idée a germé en 2015, nous avons postulé à plusieurs incubateurs partout dans le monde et notre idée a été acceptée dans un concours à Copenhague. C’est là que tout a réellement commencé. J’ai appris à orienter davantage ma pensée vers le business, comme je suis un développeur à la base.  Puis nous avons été incubé à l’université Américaine du Caire, où l’idée s’est encore développée puis en janvier 2017, nous sommes entrés en incubation en France avec Aix Marseille french Tech. Nous y avons passé 8 mois à développer notre produit.