Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

La justice égyptienne bannit le niqab de l’université du Caire.

La Haute Cour administrative d’Egypte vient de se prononcer en faveur de l’interdiction du port du niqab par le personnel enseignant de l’université du Caire, à la fin d’un feuilleton judiciaire de 5 ans.

Rien ne doit venir affecter les interactions entre les étudiants et leurs enseignants. C’est en substance le message qu’a voulu renvoyer la justice égyptienne en refusant le renvoi en appel de 80 membres du personnel de l’université du Caire, dans une affaire qui remonte à 2015.

A l’époque, le procès contre le niqab avait été intenté pour des raisons politiques. Si, à ce moment là, l’interdiction n’était jamais entrée en vigueur, aujourd’hui, l’autorité égyptienne des commissaires d’Etat persiste et signe en recommandant de s’y tenir. Cette même instance avait pourtant rejeté en 2019 un procès exigeant l’interdiction pour les femmes de porter le niqab dans les lieux publics, au titre de la liberté personnelle.

Sanctuariser l’université

Il s’agit donc bien d’une question d’institution, de ce que l’université incarne pour la jeunesse. Selon l’article 96 de la loi de 1972 sur la réglementation des universités, « les membres du corps enseignant doivent adhérer aux traditions et aux valeurs légitimes de l’université et s’efforcer de les inculquer aux étudiants. Ils doivent établir et soutenir une communication directe avec les étudiants, et s’occuper de leurs affaires sociales, culturelles et sportives ». Ainsi, selon le tribunal, le port du niqab entre en contradiction avec cette loi.

Des logements étudiants de l’université, à Gizeh.

Installer le changement dans la continuité

La question qui subsiste concerne alors l’avenir. Ce n’est, en effet, pas la première fois qu’une telle situation se produit. Selon Associated Press, l’université avait déjà interdit aux étudiants et aux membres du personnel de porter le niqab sur le campus et dans les dortoirs en 2009. Une interdiction levée en 2010 par un tribunal du Caire, après qu’un professeur ait porté plainte contre l’université.

Globalement, le pays est aujourd’hui le théâtre d’un véritable débat public, oscillant entre les militants pour l’interdiction du voile intégral dans tout l’espace public, et les défenseurs du niqab, avançant l’argument de la liberté individuelle.