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Le “Davos du désert” s’ouvre aujourd’hui en Arabie saoudite

Pendant les deux prochains jours, la crème de la crème des décideurs mondiaux va se retrouver dans le royaume à l’occasion du Future Investment Initiative, ou FII, le plus important des événements économiques de la région. Qu’ils soient issus du secteur privé ou public, ils prendront la parole lors du forum, et s’interrogeront sur la problématique : “What is next for Global Business ?”.

“Le monde des affaires, les finances et les gouvernements travaillant tous ensemble… Le FII, c’est la libre circulation des idées, afin de changer le statu quo”. C’est en ces mots que Yasir al-Rumayyan, Gouverneur du Fonds d’Investissement Public saoudien, qualifie le congrès lors de son discours d’ouverture, dont la troisième édition a ouvert ce matin. 3 jours de rencontres et d’échanges afin de créer des synergies à l’échelle mondiale pour préparer le monde de demain.

Un rendez-vous immanquable

En à peine 3 ans, le FII, également surnommé le “Davos du désert” est parvenu à s’imposer comme un incontournable où se retrouvent les plus grands décideurs du monde. Cette année sont annoncés plus de 300 participants venus de 30 pays différents, pour s’adresser à quelque 6000 visiteurs. Parmi eux, le conseiller et gendre du Président Trump, Jared Kushner, le premier ministre indien Narendra Modi, le roi Abdallah II de Jordanie, ou encore le président brésilien Jair Bolsonaro, sont attendus, au même titre que de nombreux dirigeants d’entreprises et d’institutions.

 

Un contexte particulier

On le sait, l’Arabie saoudite vit un moment charnière de son histoire. Il va de soi qu’après l’ouverture récente du pays au tourisme non-religieux, il est important d’afficher des relations saines avec l’ensemble de la planète. Ainsi, Yasir al-Rumayyan le rappelle, en l’espace de trois éditions, la provenance géographique des participants et invités s’est grandement élargie, avec davantage de représentation du continent africain, de la Chine, de l’Inde, ou encore du Japon, gage de cette volonté d’engager une réflexion commune autour de l’avenir du commerce mondial.

Autre point contextuel névralgique, l’entrée en bourse de la compagnie pétrolière Saudi Aramco. L’opération, moult fois retardée, représente un pas de géant pour le royaume, premier exportateur mondial de pétrole brut, et pour l’entreprise, considérée comme la plus bénéficiaire au monde. C’est pourquoi, suite aux récentes attaques subies par Aramco, il convient pour l’entreprise – a fortiori, pour le royaume – de s’afficher comme un tiers de confiance fiable, et quelle meilleure vitrine pour ce faire que le FII ?

 

Se montrer “prêt pour demain”

A mesure que la journée avance et que les tendances se dessinent, il apparaît clair que les représentants, à l’instar de Stephen Schwarzman, Fondateur et PDG du fonds d’investissement américain Blackstone Group, ou John Waldron, président et chef des opérations de Goldman Sachs, ont tous à coeur d’afficher leur bonne compréhension des enjeux d’avenir (maîtrise des nouvelles technologies comme le cloud, la blockchain, l’intelligence artificielle ; résilience des business models face à la disruption ; capacité à disrupter ; enjeux de management face au pouvoir d’internet et du social média ; et bien d’autres qui seront abordés lors des 3 jours…).

 

C’est dans cette même veine que le rappeur Will.i.am, invité à s’exprimer en son titre d’entrepreneur dans le secteur de l’intelligence artificielle, s’est adressé au public : “Demain ne ressemble en rien à hier. La technologie a changé ma vie. Cela a commencé par la musique, je ne suis pas un musicien au sens classique du terme, mon instrument est un ordinateur. Et cet ordinateur a changé ma vie. Maintenant, j’aimerais à mon tour apporter de l’inspiration à toute une communauté pour le futur”. Toutefois, rappelle-t-il, l’humain doit rester au centre du débat. “Depuis la création de mon activité philanthropique, nous avons levé près de 11 millions de dollars pour l’éducation des populations, pour l’intelligence humaine en quelque sorte. Dans le même laps de temps, nous avons recolté 150 millions de dollars pour l’intelligence artificielle. Il est important de résorber ce déséquilibre, il faut que les gouvernements développent le même engouement pour l’intelligence humaine que le secteur privé a pour l’intelligence artificielle”.