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L’eSport au Moyen-Orient, un marché à développer

Rox’n’Roll Dubaï, Insomnia, Gbarena … Les événements et les plateformes consacrés au gaming et à l’eSport fleurissent à travers tout le Moyen-Orient, qui constitue aussi bien un marché prometteur pour le développement du secteur, qu’un vivier de jeunes talents pour alimenter l’industrie du jeu vidéo.

“Notre ambition est que cette industrie représente 1 % du PIB de l’Arabie Saoudite d’ici 2030. Il s’agit de 80 milliards de riyals, ce qui est de l’ordre de 20 millions de dollars”. Le Prince Faisal bin Bandar bin Sultan d’Arabie saoudite n’a pas peur des mots. Ce gameur passionné, responsable de la Fédération du sport intellectuel et éléctronique d’Arabie saoudite, s’est fixé la mission de développer l’industrie du jeu vidéo et surtout l’eSport dans son pays.

“Quand on parle aux jeunes, il est très facile de s’enthousiasmer pour leurs capacités et leurs talents, et c’est un honneur d’avoir l’occasion de les aider à développer cette industrie et à créer quelque chose en Arabie saoudite où nous pouvons être un leader mondial. Nous sommes dans une situation où la communauté est très forte. Et ce que nous sommes chargés de faire, c’est de travailler avec nos partenaires pour aider à fédérer l’industrie”
Prince Faisal bin Bandar bin Sultan

Une jeunesse passionnée

Au Moyen-Orient comme ailleurs, les jeunes ne jurent que par les jeux vidéos. Entre League of Legends, Fortnite, DOTA 2, Counter Strike, Call of Duty, ou encore FIFA, les enseignes ne manquent pas, qui organisent des tournois aux prize money plus qu’alléchantes. Gagner des millions de dollars en pratiquant son hobby préféré fait fantasmer plus d’un adolescent, mais cela n’est réservé qu’à une poignée d’élus. Ainsi, au même titre que dans le sport (ou un infime pourcentage des candidats accède au plus haut niveau), les jeunes doivent avoir un plan. Selon Zax Chou, CEO de Famulei, la plus grande communauté dédiée à l’eSport de Chine, il convient d’avoir le sens des priorités : “il faut avant tout travailler dur afin d’acquérir un diplôme et intégrer une bonne université, même si vous êtes avant tout un joueur”. Pour autant, une telle passion est le signe que le marché est mûr et prêt à être envahi.

Des opportunités pour tous

Des métiers, il y en a pour tous les profils, assure le Prince Faisal. “Que ce soit en tant que joueur professionnel – ce qui est très rare et ne concerne que 1% de tous les joueurs – mais aussi dans la création de jeux, le marketing, la gestion d’événements… Quelles que soient les compétences que vous avez, cette industrie en a besoin. Il y a tellement d’aspects différents qui doivent se développer, et ma tâche est de créer l’infrastructure qui permettra à ces talents de se développer”.

Nul doute qu’il saura utiliser les avancées déjà très prometteuses réalisées de par le monde, comme au Royaume-Uni où, comme l’explique Chester King, président de la British eSports Association : “Nous avons démarré il y a 3 ans et nous sommes maintenant dans toutes les écoles et toutes les universités du Royaume-Uni, nous sommes en train de créer des cours universitaires en eSports, des examens en eSports, et nous constatons déjà des améliorations”. L’éducation comme levier pour démocratiser l’eSport, une piste à suivre au Moyen-Orient ?