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L’Institut du Monde Arabe part à la découverte d’AlUla

La date de demain marque l’ouverture officielle de l’exposition AlUla, merveille d’Arabie, à l’Institut du Monde Arabe, à Paris. Peu avant cette ouverture, nous avons eu la chance d’en arpenter les allées en compagnie de Leïla Nehmé, co-commissaire de l’exposition, et même d’y croiser Yann Arthus Bertrand, qui a fourni les images aériennes qui accueillent les visiteurs, dans cette expérience à la découverte d’un des berceaux du monde arabe...

Cela fait maintenant presque 20 ans que des fouilles archéologiques ont lieu dans la région d’AlUla, sous l’égide du ministère français des affaires étrangères. Avec l’ouverture du pays aux touristes, arrivée il y a peu, les richesses de la zone, qu’elles soient culturelles, historiques, naturelles, ou encore culinaires, vont désormais devenir de plus en plus accessibles au monde entier. Quel meilleur moyen de révéler la beauté d’AlUla aux yeux du monde que d’organiser cette exposition en son honneur ? 

L’exposition est consacrée à la ville et à la région d’AlUla, une petite ville du hijaz saoudien, dont toutes les richesses des sites archéologiques sont présentés pour la première fois au public, avec un parti-pris de scénario qui consiste à d’abord proposer au visiteur une immersion grâce aux vidéos aériennes extraordinaires du très talentueux Yann Arthus Bertrand”, explique Leïla Nehmé, directrice de recherche au CNRS et co-directrice de la mission archéologique franco-saoudienne à Mada’în Saleh. Ensuite, il entre dans la partie plus archéologique avec la présentation des différents sites, des outils pédagogiques, des animations vidéos, de l’archéologie expérimentale, etc.

Et la formule est efficace. Après l’effet “wahou” provoqué par les images époustouflantes rapportées par Yann Arthus Bertrand, on se sent comme happés par les différents vestiges présentés, ici des inscriptions en nabatéo-arabes, langage de transition qui représente les prémices de la langue arabe, là des scultpures datant de la préhistoire à l’âge de bronze, ou encore le livre des récits de voyage d’Ibn Battûta, voyageur et explorateur qui a parcouru des dizaines de milliers de kilomètres à travers le monde arabe, au 14ème siècle. 

« J’ai dit oui tout de suite »

Quant à cet autre voyageur qui a exploré la région, lui beaucoup plus récemment, il admet avoir été impressionné par la beauté du lieu. En effet, c’est un Yann Arthus Bertrand encore rêveur qui explique : “Je rêvais d’aller en Arabie saoudite. Je connaissais cet endroit, j’avais vu les photos d’AlUla, je connaissais les photos de Mada’în Saleh. Donc dès que Jack Lang m’a proposé d’y aller, j’ai dit oui tout de suite. C’est un endroit qui est extrêmement minéral où la lave a coulé partout, on y trouve beaucoup de couleurs, et c’était plus beau encore que je ne l’imaginais. Nous avons été très bien reçus et avons été en mesure de faire ce que nous voulions… Génial !

Découverte mutuelle

Indéniablement, l’exposition devrait ravir les visiteurs désireux, comme le célèbre photographe, reporter, réalisateur et écologiste français cité plus haut, de mieux découvrir cette région encore peu connue, et, peut-être, à terme, inciter les touristes à s’y rendre. C’est en tout cas le souhait d’Amr Al Madani, P-dg de la Commission Royale pour AlUla : “Rien ne sert d’avoir un beau jardin, tant que vous ne pouvez pas inviter vos amis à venir en profiter. C’est exactement comme ça que nous voyons les choses pour AlUla. Nous voulons que le monde entier vienne nous rendre visite, nous raconte son histoire et découvre la nôtre”.

Un développement vertueux

Etant en poste dans la région depuis de nombreuses années, Leïla Nehmé perçoit d’un oeil très positif le développement de la région, tout comme l’intérêt grandissant dont elle bénéficie, mais elle tient à rappeler que : “Si davantage de visites touristiques doivent être organisées dans la région, l’essentiel est qu’elles se fassent selon trois choses : le respect de l’environnement, des vestiges archéologiques, et de la population, car il ne faut pas que ceux qui habitent là-bas, qui ont toujours vécu là-bas, souffrent de ce développement touristique, qui n’est jamais quelque chose d’anodin”.