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Saudi Green Initiative: La neutralité carbone en Arabie saoudite d’ici 2060 ?

Des experts venus du monde entier ont assisté à la première édition de la Saudi Green Initiative.

La date du 23 octobre restera peut-être dans les mémoires comme celle du point de départ d’un véritable changement de paradigme environnemental, celle de l’édition inaugurale du Saudi Green Initiative Forum, à Riyad, en Arabie saoudite.

Un parfum de chlorophylle flottait ce matin dans les rues de la capitale saoudienne. Dans un coin reculé du quartier diplomatique se pressait ce matin une foule composée des plus pointus experts de l’environnement, venus discuter de l’avenir de la planète. Deux dômes verts, spécialement érigés pour l’occasion ont vu se succéder ministres, chefs d’entreprises, responsables de l’innovation, industriels ou encore représentants des Nations Unies, dans le cadre d’une journée d’annonces, de débats et d’échanges de haut vol sur l’environnement. 

Une annonce forte et pragmatique

Instigateur de l’initiative, le Prince héritier du pays Mohammed Ben Salmane a pris la parole en début de journée pour délivrer une annonce retentissante : l’Arabie saoudite s’engage à atteindre un objectif de neutralité carbone d’ici à 2060

Certes, l’horizon est légèrement plus lointain que celui défini par le cadre des accords de Paris sur le climat. Mais si l’on en croit l’ancienne journaliste devenue consultante experte en énergie Eithne Treanor, modératrice des échanges, “Il faut aussi être réaliste. On parle d’un pays leader de la production et de l’exportation de pétrole. Plutôt que de les accuser, il faut souligner l’importance d’avoir réussi à attirer un tel pays à la table des discussions. C’est un pays qui a la volonté et les moyens -financiers et politiques- de parvenir à ses fins”. 

L’Arabie saoudite a pris la pleine mesure de son rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Une initiative ambitieuse 

Planter 40 milliards d’arbres sur la région d’ici 2030 ; générer 50 % du mix énergétique par le biais d’énergies renouvelables ; transformer plus de 30% de son territoire en zones protégées… Telles sont les grandes priorités de cette initiative verte saoudienne. Celles-ci viennent s’ajouter à d’autres projets très ambitieux à l’ADN “durable”, comme le Red Sea Project, le développement touristique de la région d’AlUla, la réhabilitation de Diriyah Gate, ou le projet de ville ultra-moderne appelé The Line, dans la région de NEOM.  

Trouver le bon mix énergétique

De réalisme, les experts présents sur place – ou virtuellement, à l’instar du Prince Charles de Galles, ou de la représentante du FMI Kristalina Georgieva – ne manquaient pas. Tous convaincus qu’il ne s’agit pas de croire aux miracles, mais bien d’adopter le meilleur mix énergétique possible, ils se sont fait les ambassadeurs de nombreuses solutions, avec bien sûr les énergies renouvelables en tête de liste. 

C’est dans cette optique que Morten Dyrholm, Vice-Président Senior de Vestas Wind Systems, leader mondial de l’industrie éolienne, a déclaré : “Nous devons réaliser le genre de situation dans laquelle nous nous trouvons. Nous sommes dans une crise climatique et reculer vers de vieilles technologies ne nous sauvera pas. Nous devons envisager un avenir qui consiste en un très bon mélange de technologies. Qu’il s’agisse d’énergie éolienne, d’énergie solaire, hydroélectrique et dans certains endroits, des centrales à gaz, si cela est nécessaire pour renforcer le réseau, mais seulement en dernier recours. Nous disposons aujourd’hui des technologies pour décarboniser complètement l’électricité. Et en plus de cela, nous pouvons électrifier le reste du système énergétique, cela signifie que nous avons une voie pour décarboniser toute notre infrastructure énergétique. Ce n’est pas un scénario du futuriste. C’est quelque chose que nous pouvons faire aujourd’hui. Tout ce qu’il faut, c’est de la volonté et de la détermination. Nous pouvons le faire”. Le message est clair, et ce ne sont certainement pas ses alter ego dans l’hydraulique, l’hydrogène, ou le solaire qui vont dire le contraire, comme ils ont passé la journée à le démontrer… 

Demain, la parole sera donnée aux jeunes, aux acteurs du monde de demain. Dans un pays comme l’Arabie saoudite, dont les deux tiers de la population ont moins de 30 ans, il revient aux dirigeants de prêter à cette jeunesse exigeante une oreille attentive et de lui proposer des solutions et des politiques environnementales ambitieuses, à la hauteur des enjeux dont il est question ici. Donc rendez-vous demain, pour suivre en direct le Youth Green Summit