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Sultan Bin Fahad: “J’ai voulu traverser l’histoire saoudienne par le biais de l’art contemporain”

Crédit Photo : The Red Palace / Window / Glass, wood and LED lights.

Bien qu’il ai un parcours en administration des entreprises, Sultan Bin Fahad a commencé sa pratique artistique il y a plus de 14 ans. Un besoin inévitable de créer qui prend plusieurs formes comme la vidéo, sculpture, photo ou encore des installations. Il présentait en avril The Red Palace (le palace rouge), une exposition solo à la galerie Athr de Jeddah. Une série d’exploration critique et matérielle des transformations de la région, à travers le palace du même nom.

Le Red Palace a été achevé en 1944 pour le couronné prince Ibn Saoud et est devenue sa résidence royale pendant des années, bien qu’elle repose aujourd’hui sur des ruines en attendant d’être rénovée. A travers cette exposition divisée en 14 salles et 7 chapitres : The Red Palace,1979, Travail, Guerre du Golfe, Economie sainte, Dîner au place, et salle de prière, Sultan recadre les événements politiques et historiques qui se sont déroulés durant l’existence du palace. Une démarche artistique qui se concentre sur des moments clés intimes de l’artiste et qui reflète les métamorphoses du royaume, l’amenant à collecter des reliques historiques et des objets abandonnés issus de sites variés en Arabie Saoudite.

Qu’est ce qui vous a inspiré le projet du Red Palace?

J’ai toujours été intrigué par Le Red Palace; à tel point que ma maison est peinte avec la même couleur. Je suis fou de tous les palaces saoudiens et très content de voir l’exposition bouger au palace royal à Jeddah en juin. Je suis reconnaissant d’avoir l’opportunité de créer une expérience ouverte publique dans ces espaces autrefois privés, avant qu’on ne leur réattribue une autre fonction.

Peux tu nous parler de l’histoire de cet endroit?

Le Red Palace a été achevé en 1944 pour le prince couronné de l’époque Saoud bin Abdulaziz, devenant sa résidence royale pendant de nombreuses années. Il y a reçu de nombreux chefsd’état comme Jawaher Nehru, Jamal Abdul Nasser ou encore Shukri Al Quwatli. Après que le roi Saoud ait déménagé au Palace Al-Nasriya en 1953, le Red Palace est devenu le conseil saoudien du bureau des ministres et le conseil de direction des plaintes jusqu’en1987.

Pourquoi réinvestir des objets trouvés dans des places abandonnés?

En fait, je collecte des objets depuis des années, donc pendant que j’exposais mes peintures, mon travail plus récent se développait déjà en parallèle. Concernant les objets trouvés, je savais que je les réutiliserais, mais le timing était aussi crucial que l’installation.

Quel est le message que tu voulais transmettre?

J’ai toujours voulu traverser l’histoire saoudienne par le biais de l’art contemporain. Avec l’installation To Dust, Je voulais un travail qui soit capable de désorienter et de purifier ta palette. Avec Opening up the palace et le reste de l’exposition, je pense que je voulais transmettre l’importance de l’innovation dans l’art contemporain ainsi que de repousser les frontières.