Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

Une start-up libanaise bouscule les codes de l’orthodontie avec la 3D

Alors que le Liban vit une crise économique, sociale et politique sans précédent, un jeune entrepreneur se démarque et continue de faire fleurir sa petite entreprise, en faisant entrer l’orthodontie dans l’ère numérique.

Chez Cherif Massoud, l’orthodontie est une affaire de famille. Issu d’une longue tradition d’orthodontistes, Chérif a néanmoins voulu pousser son domaine plus loin en prenant le virage de l’innovation. En 2018, il lance Crystalign, un système d’alignement dentaire transparent imprimé en 3D qu’il propose à plusieurs cabinets au Moyen-Orient. En mars dernier, il a créé Basma, un kit d’alignement dentaire à la maison qui permet au patient de mouler ses dents lui-même, et de recevoir un traitement dentaire personnalisé chez lui, en se faisant suivre par téléconsultation. Une solution peu chère et efficace qui devrait redonner le sourire à ses patients à l’heure de la pandémie où la distanciation sociale est clé. En attendant, le jeune entrepreneur ambitieux compte bien positionner Basma, comme comme la référence de la télé dentisterie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Qu’est-ce qui t’a amené de l’orthodontie à l’entrepreneuriat?

J’ai beaucoup d’empathie en général, et étant orthodontiste, j’ai réalisé que beaucoup de patients n’étaient pas satisfait avec les modalités de traitement d’alignement dentaire existants. Ayant moi-même été amené à porter un appareil dentaire de mes 13 à 18 ans, je savais très bien que les solutions en place n’étaient pas vraiment optimales. D’autre part, je pense que le secteur de la santé est généralement trop rétrograde au Liban avec une expérience du patient vraiment mauvaise, entre l’attente et des traitements douloureux aux coûts très élevés. En raison de tous ces obstacles, la majorité des gens ici finissent donc par ne pas traiter leurs dents et parce-qu’ils n’y voient pas de valeur ajoutée. Pourtant, on connaît tous cette photo de famille où une personne ne sourit pas car elle est mal à l’aise avec son sourire. Nous ce qu’on veut montrer à cette personne, c’est qu’il n’est pas si difficile d’avoir une bonne santé dentaire.

 

Est-ce que tu peux nous présenter Basma et nous expliquer un peu comment ça a commencé?

Jusqu’à récemment au Moyen-Orient, il n’existait que des traitements “classiques” c’est-à-dire avec des bagues, plutôt longs, nécessitant de nombreux allers-retours chez le dentiste, et avec lesquels il était parfois difficile simplement de manger une pomme. Pourtant aux Etats-unis, des systèmes de gouttières transparentes existent depuis 20 ans. On a donc voulu améliorer cette situation en important la même chose au Liban, à travers la création d’aligneurs imprimables en 3D. Notre but était de rendre le soin d’orthodontie accessible et peu coûteux afin de soigner un maximum de personnes. Depuis, nous avons transféré tout ce savoir-faire sur Basma, qui signifie sourire en arabe, et consiste en un kit d’environ 47 euros qui permet à chaque patient d’effectuer une empreinte de ses dents lui-même à la maison, de nous l’envoyer par DHL, afin que nous puissions scanner ses informations, faire une simulation et lui proposer un traitement adapté. Ce traitement est d’un prix unique d’environ 1700 euros, ce qui est  65% moins cher que le prix des traitements en clinique. Ensuite nous offrons au patient la possibilité d’être suivi  par un docteur par téléconsultation durant toute la durée du traitement grâce à notre service client est disponible 24/24 et 7/7. 

Comment se répartissent vos clients aujourd’hui?

Nous visons vraiment à être une entreprise internationale. On a commencé avec l’Arabie Saoudite comme premier marché, mais nous voulons vraiment nous positionner comme marque la référence de la télé dentisterie au Moyen-Orient, même si nous pouvons servir tout le reste du monde. 

 

Comment le coronavirus a impacté votre activité?

Le Covid a  accéléré notre croissance car tous les cas qui attendaient que les cliniques ré-ouvrent sont venus chez nous. La télémédecine s’est beaucoup développée durant l’épidémie, surtout que les risques de contagion dans les cabinets dentaires étaient très hauts. Si une partie de notre business B2B a chuté car nos cliniques partenaires étaient fermées, Basma a connu une très forte croissance, de plus de 400%, nous prévoyons d’ailleurs de faire une nouvelle levée de fond dans deux mois, notre séries A afin de continuer de faire grandir l’équipe et de répondre à toutes les commandes et lancer toutes les personnes. Nous espérons passer de 25 salariés à 50 dans un an, si nous atteignons toutes les étapes, ce qui est assez difficile au Liban qui souffre en ce moment d’une lourde crise économique, même si nous restons préservés, car notre marché n’a pas de frontière.