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Winter at Tantora ou les prémices du tourisme en Arabie saoudite

Le rocher Al-Fareed à Mada'in Saleh

Le rocher Al-Fareed à Mada'in Saleh

Alors que les autorités saoudiennes se préparent à ouvrir le pays au tourisme, la Commission royale pour Al-Ula a lancé en décembre dernier Winter at Tantora, un festival culturel et artistique inédit. L’enjeu : faire découvrir à une poignée d'influenceurs et médias étrangers le potentiel touristique de la région d’Al-Ula.

C’était une promesse du projet Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane : l’ouverture de l’Arabie saoudite au tourisme. S’il n’a pas encore lancé les visas touristiques en 2019, le royaume se livre, depuis quelques semaines, à une expérience inédite dans ce domaine.

L’étape zéro du tourisme en Arabie saoudite

Dans l’oasis d’Al-Ula, au nord-ouest du pays, se tient depuis le 21 décembre dernier, le festival Winter at Tantora, en hommage à Tantora, un monument de la ville d’Al-Ula utilisé comme cadran solaire et pour déterminer le solstice d’hiver. L’événement, porté par la Commission royale pour Al-Ula (RCU), propose de découvrir, le temps d’un weekend, les merveilles de cette oasis, autrefois foyer de la civilisation nabatéenne.

Des inscriptions nabatéennes sur les rochers dans la région d'Al-Ula
Des inscriptions nabatéennes sur les rochers dans la région d’Al-Ula

Les sites archéologiques de la région d’Al-Ula ont, pour l’occasion, été exceptionnellement ouverts à un public restreint d’influenceurs, de médias internationaux, et de résidents locaux. « Nous sommes à l’étape zéro, vous n’avez encore rien vu, nous n’avons même pas commencé, tempère Iman Almutairi, manager Marketing et Destination pour le compte de la Commission royale pour Al-Ula. Ceci est un festival de culture et d’art, et nous essayons de faire venir des étrangers mais aussi des locaux. Notre but est d’ouvrir la destination au tourisme et de la positionner comme une destination d’art et de culture. »

Un cube en miroirs dans le désert arabique

Au programme de cette première édition de Winter at Tantora : excursion dans les ruines des royaumes ancestraux de Lihyan et Dadan, visite des nécropoles de Mada’in Saleh classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, et notamment du rocher Al-Fareed, découverte des inscriptions nabatéennes disséminées aux quatres coins de la région, promenades sur les hauteurs d’Ekmah, déjeuners à la sauce bédouine dans des lieux à couper le souffle ou encore, dégustation de thé au pied du rocher Elephant Rock. Et pour les amateurs de sensations fortes, escapade en buggies dans le désert et tour d’hélicoptère de la région.

Au pied du rocher Elephant Rock
Au pied du rocher Elephant Rock

Cerise sur le gâteau : un concert de musique classique organisé à Maraya, un impressionnant édifice revêtu de miroirs et installé pour le festival au milieu du désert d’Al-Ula. « Nous nous sommes demandé comment mettre en place une construction dans une endroit déjà parfait, explique Massimo Fogliati, directeur de projet pour Winter at Tantora. Nous avons alors eu l’idée de ne pas défier l’environnement mais de le faire entrer dans notre architecture. D’où l’idée de la boîte en miroirs. »

« Un endroit trop longtemps caché »

Ce premier test grandeur nature semble, pour l’heure, être une réussite. En témoigne l’enthousiasme des quelques invités et participants, découvrant en avant-première l’Arabie saoudite touristique. « Je voyais ça comme un pays un peu plus fermé, mais on s’aperçoit que les gens sont très ouverts à nous, très amicaux. C’est vraiment une belle découverte », acquiesce Marc Nouss, photographe et blogueur français, invité parmi plusieurs influenceurs internationaux à Al-Ula. Idem pour Sofiya, blogueuse Instagram russe qui déplore que l’endroit ait “été trop longtemps caché ».

Maraya, un bâtiment revêtu de miroirs et installé dans le désert de Mada'in Saleh
Maraya, un bâtiment revêtu de miroirs et installé dans le désert de Mada’in Saleh

Bref, dans sa quête de diversification de son économie, l’Arabie saoudite semble avoir misé juste avec le tourisme, même si, pour l’heure, le royaume n’en est qu’à « sa phase de test », comme le rappelle Iman Almutairi.