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Zoom sur l’expo « Le monde arabe vu par ses artistes » à l’Institut du Monde Arabe

Rawas, Urban Debris

Rawas, Urban Debris

Jusqu’au 10 mars, l’Institut du Monde Arabe expose une sélection d’œuvres réalisées par des peintres, des photographes et un sculpteur entre 1969 et 2014. Entre abstraction et hyperréalisme, tous portent leur regard sur la diversité du monde arabe. Atmosphère, lieux et jeux de lumière, découvrez cette exposition aux mille facettes.

Différentes générations d’artistes se croisent et les styles contrastent. Chacun a sa vision des territoires, de la population et du quotidien. Un ressenti qui s’exprime à travers une variété de techniques artistiques, telles que la peinture de chevalet, la sculpture en ronde-brosse et la photographie. L’objectif ? Nous surprendre et percevoir le monde arabe du demi-siècle écoulé autrement. Focus sur quelques artistes marquants de l’exposition.

Nassouh Zaghlouleh

Nassouh Zaghlouleh, Damas 38, 2009. Photographie originale, 110 x 80 cm. Edition de 7
Nassouh Zaghlouleh, Damas 38, 2009. Photographie originale, 110 x 80 cm. Edition de 7

Damas en noir et blanc… Dans ses clichés, le photographe syrien Nassouh Zaghlouleh nous emmène dans l’intimité de sa ville natale. C’est en se promenant à l’aube, dans les rues désertes, qu’il parvient à capturer les détails du quotidien dans un jeu d’ombre et de lumière. « Auparavant, mes clichés ressemblaient à des cartes postales, mais aujourd’hui je m’implique plus dans leur réalisation finale, et si j’ai choisi le noir et blanc, c’est parce que j’y trouve plus de tendresse » confiait-il dans une interview à L’Orient Le Jour en juin 2014. Des photographies liées à l’émotion du passé et plus particulièrement aux moments précieux de l’enfance. « […] Ce sont des instants bénis » disait-il.

Etel Adnan

Etel Adnan, Paysage 2, 2014. Huile sur toile, 32 x 41 cm (2)
Etel Adnan, Paysage 2, 2014. Huile sur toile, 32 x 41 cm (2)

Artiste à 360°, Etel Adnan est une écrivaine, poétesse et peintre américano-libanaise. Si elle peint depuis les années 60, elle connaît le succès à l’âge de 93 ans, grâce à l’exposition quinquennale Documenta 13 à Cassel en Allemagne. L’occasion de révéler au grand jour ses paysages abstraits, obtenus par des aplats de couleurs franches. Son sujet de prédilection ? La montagne. Elle prend pour modèle le mont Tamalpaïs niché au nord de San Francisco, mais aussi le mont Sannine au Liban. L’artiste considère l’image de la montagne comme l’expression pyramidale de l’identité humaine. « Notre moi est constitué par la série des devenirs de la montagne, notre paix réside dans son obstination à être » affirme-t-elle dans son ouvrage Voyage au Mont Tamalpaïs.

Mohammed Khadda

Khadda, Sahel sous le vent, 1989. Huile sur toile, 89 x 116 cm
Khadda, Sahel sous le vent, 1989. Huile sur toile, 89 x 116 cm

Figure emblématique de la peinture algérienne contemporaine, Mohammed Khadda est aussi connu pour être un représentant des « peintres du signe ». Un collectif d’artistes algériens qui dans les années 60, s’inspira du rythme de l’écriture arabe dans la réalisation de travaux abstraits. En témoigne l’œuvre Sahel sous le vent, où la calligraphie telle un tag se superpose à des stratifications géologiques.

* L’entrée à l’exposition donne aussi accès aux collections « Youssef Abdelké, une donation contre la mort en Syrie » et « Portrait de l’Oiseau Qui-N’Existe-Pas ».