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Au Moyen-Orient, le « parkour » met en valeur les hommes et les territoires

Au Moyen-Orient, le "parkour" met en valeur les hommes et les territoires © Spee505

Au Moyen-Orient, le "parkour" met en valeur les hommes et les territoires © Spee505

Ces jeunes et intrépides enchaînent en courant, sautant ou grimpant, les différents obstacles que leur offre l’espace urbain. Organisés en clubs, ces traceurs de Parkour Egypt et Tunisia Explore partagent leur passion du parkour avec tous leurs concitoyens d’Egypte, de Tunisie et du monde entier et utilisent cette discipline pour faire reconnaître leurs droits et valoriser leur territoire.

Ils ont découvert cette discipline d’origine française au début des années 2000, alors qu’elle commence à se médiatiser grâce à des films comme Yamakasi ou encore Banlieue 13. Ils se sont d’abord lancés en autodidactes dans la pratique de l’art du déplacement, autrement appelée parkour, ou PK. Ils évoluent souvent en groupe en enchaînant les sauts périlleux, les acrobaties et les ascensions vertigineuses dans l’espace urbain où ils sont rarement vus d’un très bon oeil par les autorités et les riverains mais souvent applaudis par les passants et les touristes. Ils y voient une célébration de la liberté, un moyen d’expression, une métaphore de la vie où il faut franchir les obstacles pour avancer. Mais c’est surtout, pour eux, une façon de se libérer des carcans que leur impose la société, de revendiquer les droits des populations locales sur leur environnement et de valoriser ces territoires auprès des citoyens et des touristes. Et deux collectifs de “traceurs”, d’Egypte et de Tunisie, réussissent ces acrobaties doublement spectaculaires.

En Egypte, défier les carcans sociaux qui pèsent sur les femmes

Un groupe de dix jeunes femmes se retrouvant une fois par semaine dans un parc abandonné d’une banlieu cairote… Elles escaladent les murs, sautent d’immeubles en immeubles en agrémentant leur parcours d’obstacles de quelques acrobaties… Voilà un tableau peu commun pour un cadre urbain, surtout en Egypte.

Sous les conseils avisés de leur entraîneur et sous l’étendard de leur club Parkour Egypt qu’elles arborent avec fierté, ses jeunes filles rêvent de rompre avec l’opinion, aujourd’hui surannée, selon laquelle la rue n’est pas un lieu approprié pour les femmes et que le sport est exclusivement réservé aux hommes. Avec une discipline aussi périlleuse que spectaculaire, elles ont trouvé une source de liberté et d’expression qui les libère de ces jougs sociaux. Il est désormais moins rare de trouver des groupes d’Egyptiennes sillonnant les rues cairotes à la vitesse de l’éclair ou s’élançant du haut d’un immeuble pour atteindre le mur d’en face. Elles vont même jusqu’à former des équipes féminines ou mixtes et participent de la démocratisation de cette discipline en plein essor.

En Tunisie, mettre en valeur les territoires du pays

Taher Nouiri et Anis Boukhris ont à peine 25 ans et sont déjà connus à travers toute la Tunisie comme les “ressorts sur pattes”. Ils démarrent leur “parkour” en 2016 en lançant Tunisia Explore et utilise l’art du déplacement pour montrer la Tunisie sous un nouvel angle, à la fois moderne, artistique et sensationnel. Sur fond de sublimes paysages de carte postale, ils parcourent les quatre coins du pays pour montrer, tout en acrobaties, la richesse de son patrimoine géographique et historique.

Ils font ainsi d’une pierre deux coups. En popularisant la discipline, ils invitent les Tunisiens et les touristes à redécouvrir un pays qui n’a rien perdu de sa beauté. Ils réussissent ainsi un tour de force auquel la campagne #MoveForTunisia de l’Office national du tourisme en décembre 2015, qui mettait en scène des Yamakasi, n’était pas parvenu avec autant de succès.

Une passion commune du défi et de la liberté

La pratique de la discipline étant en elle-même déjà un défi, ces “traceurs” du Maghreb et du Moyen-Orient réalisent un double exploit ! Dont celui d’aller à l’encontre de ce que leur imposent les idées reçus et les règles sociales. En effet, le parkour reste globalement considéré comme une transgression puisqu’il remet en question les usages habituels de l’espace public. Ces freerunners, comme on les appelle également, arguent au contraire qu’ils cherchent ainsi à reprendre la main sur la rue, ce bien commun.

L’aspect dangereux de la pratique leur est souvent opposé comme argument pour freiner leurs courses intrépides, tandis qu’ils redoublent de force, se regroupent et s’organisent en clubs et associations et partagent leur passion à travers des cours dispensés de manière très conviviale, pour petits et grands. Ils ne cessent également de plaider pour disposer d’infrastructures et de salles où ils pourraient s’entraîner et préparer au mieux leurs élèves à l’environnement urbain.

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La discipline étant encore toute jeune et très peu reconnue à travers le monde, la Grande-Bretagne a d’ailleurs été le premier pays à reconnaître officiellement le parkour comme un sport, ces jeunes traceurs très engagés apparaissent comme des pionniers. Le sentiment de profonde liberté que leur procure cet art urbain les poussent à vouloir, par-dessus tout, partager leur passion avec le plus grand nombre.