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Covid-19 : Guérir par l’art avec ces jeunes artistes arabes

Les œuvres d'art, par le biais de leur création ou de leur visualisation, sont utilisées depuis longtemps pour explorer des émotions et aborder des sujets difficiles. Cette fois-ci, alors que le monde entier baigne dans une grande incertitude face à un virus virulent pour lequel il n'existe actuellement aucun remède, la nouvelle génération d'artistes arabes cherche à apaiser ces craintes et à sensibiliser au COVID-19 à travers son art.

La pandémie nous a tous affectés à des degrés divers, quel que soit le diagnostic médical. Indépendamment du débat sans fin entre Aristote et Wilde sur la question de savoir si l’art imite la vie ou vice versa, il est indéniable que les œuvres que nous voyons aujourd’hui émerger dans le monde arabe reflètent notre nouvelle réalité, confinée et stérilisée, même si ce n’est que temporairement.

Lina Ahmer, Arabie Saoudite

Comme la plupart des mosquées du Royaume et du monde entier ont fermé leurs portes au public, les croyants ont dû transférer leurs cinq prières quotidiennes hors de la sphère sociale et dans la sécurité de leur foyer. Bien que le Coran énonce clairement l’importance de la prière dans ces édifices religieux, ces circonstances particulières ont obligé à modifier les interprétations des textes sacrés pour tenir compte des obligations.

Dans la peinture d’Ahmer, les tapis de prière sont imprimés sur un cœur humain, illustrant le désir collectif de retour aux coutumes religieuses habituelles. « Hayya Alasalah » (viens à la prière), a été remplacé par « prie où tu es » ou « prie à la maison ».

 

Sayed Al-Majed, Bahreïn

 

En hommage à tous les médecins qui luttent contre l’épidémie, le dessin représente un membre du personnel médical avec un signe de paix en relief à l’intérieur d’un cercle représentant la Terre et sa population mondiale sous un même toit.

 

Au-delà de sa gratitude pour leurs efforts inlassables, il explique : « Je crois que les artistes ont la responsabilité éthique et sociétale de consacrer leur art à faire face à cette crise en sensibilisant le public et en remerciant et appréciant les défenseurs de l’humanité tout entière à ce stade de notre vie : les travailleurs de la santé ».

 

Razan Al Naas, Libye

 

Dans son collage, la jeune Al Naas explique comment les mesures de quarantaine ne sont pas nouvelles pour ceux qui vivent dans les zones de guerre, le texte se traduisant par « A Tripoli, on ne peut pas écrire quarantaine sans guerre. » 

 

Une épidémie de coronavirus en Libye pourrait être « vraiment catastrophique » pour les personnes déplacées et les quelque 700 000 réfugiés dans le pays, a averti l’agence des Nations unies pour les migrations.

 

Ichraq Bouzidi, Maroc

 

La distanciation sociale entrave définitivement les coutumes communales, notamment l’Atay ou l’heure du thé à la menthe marocaine, un fondement de la vie sociale, qui perdure depuis des siècles. Cependant, l’oeuvre met également en lumière une appréciation renouvelée d’une vie plus lente et limitée à la maison, en montrant la capacité à s’adapter aux circonstances contraignantes sans abandonner les vieilles traditions.

 

 

Les messages qui résonnent à travers ces différents médias de tous les coins du monde arabe sont des messages d’unité, de sensibilisation et de documentation des obstacles, à travers ce qui nous relie encore tous aujourd’hui : les réseaux sociaux. Bien que l’art soit loin d’être aussi puissant que la médecine pour combattre un virus, il joue son rôle pour nous aider à traverser la période, laissant également une marque importante pour le moment où tout cela sera terminé.