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Egypte antique : les Égyptiens momifiaient-ils des dizaines de millions d’oiseaux

Romain Amiot, chercheur au CNRS à Lyon, a effectué une étude sur des échantillons d’oiseaux momifiés entreposés dans les réserves du Musée des Confluences de Lyon. Les résultats de son étude permettent de mieux comprendre le rapport entre les humains et les animaux en Egypte à l’époque des pharaons .

Lors de fouilles dans une quinzaine de temples et nécropoles de la vallée du Nil, les archéologues ont découvert des dizaines de millions d’animaux momifiés. Mais comment et pourquoi se sont-ils retrouvés dans cette situation ? C’est la question à laquelle les chercheurs ont souhaité répondre.

 

Plusieurs types de momies

Plusieurs types de momies ont été découvertes. Il y a d’abord les momies sacrées, celles des animaux qui représentaient l’incarnation des dieux sur Terre. Ces animaux vivaient dans les temples et, lorsqu’ils arrivaient à la fin de leur vie, étaient momifiés pour être préservés dans l’au-delà. Il y a également les momies votives. Celles-ci sont des offrandes aux dieux faites par les vivants.

Enfin, on retrouve les momies victuailles, qui avaient pour but d’accompagner les morts dans l’au-delà pour leur servir de nourriture. Les animaux de compagnie étaient également momifiés pour qu’ils aient une sépulture. Chiens, chats et toutes sortes d’animaux de compagnie pouvaient être momifiés. Ces momies ne contenaient d’ailleurs pas spécialement l’intégralité des ossements des animaux, mais parfois seulement une partie.

Une étude pour comprendre l’origine des oiseaux momifiés

Romain Amiot et son équipe se sont penchés sur l’origine des oiseaux momifiés. Pour ce faire ils ont étudié la composition isotopique de plusieurs espèces d’ibis et de rapaces issus des collections du Musée des Confluences de Lyon. Ces oiseaux étant migrateurs à l’état sauvage, ils auraient donc consommé de la nourriture et de l’eau de différents endroits. S’ils avaient été issus d’élevages, il n’y aurait pas eu de différence au niveau de l’origine de leur nourriture.

Des oiseaux chassés et non élevés

Les analyses ont confirmé l’hypothèse selon laquelle les oiseaux auraient été chassés et non élevés. Cette étude démontre donc qu’au temps des pharaons il existait une économie basée sur la capture et la vente d’oiseaux. Les populations d’oiseaux devaient subir une grande pression en raison de la chasse pour la pratique des rites religieux. Ce type d’études permettent de mieux comprendre l’interaction entre l’homme et la biodiversité, il y a des milliers d’années.

Pour l’intégralité de l’étude cliquez ici.