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Jean Nouvel : « Être amené à construire à AlUla, c’est une vraie responsabilité »

L'architecte français Jean Nouvel vient de publier les concepts de son dernier projet. "Sharaan by Jean Nouvel", de son nom, est une première mondiale pour l'architecture contextuelle : un resort moderne pensé pour s’insérer dans le paysage naturel d'AlUla (Arabie Saoudite) fait de sable et de roches. Le projet, qui devrait être achevé en 2024, s’inspire profondément des vestiges de la civilisation nabatéenne qui occupait autrefois les lieux. A ce titre, il entend offrir à ses visiteurs un aperçu des civilisations passées et leur leg gravés dans les formations rocheuses. Rencontre avec l’homme qui a imaginé ce songe.

Est-ce particulier de penser un resort dans un paysage aussi sauvage et empreint d’histoire?

Être amené à construire là, c’est une vraie responsabilité. Ce qui est particulier à Sharaan, c’est que c’est un paysage vierge. On découvre des formes et – quand on grimpe un tout petit peu – on découvre qu’avec l’altimétrie, on a des coupes dans le ciel et dans les horizons qui sont très différents. Donc mon projet en fait, il part de là. On est évidemment dans un des berceaux de l’humanité. On est dans un désert. Et le désert, c’est toujours du mystère, c’est toujours l’éternité. C’est AlUla et c’est effectivement un musée à ciel ouvert.

Comment s’insère « Sharaan by Jean Nouvel » dans le paysage d’AlUla ?

J’ai comme philosophie de toujours travailler avec ce qui est là. Quand on est contextualiste, ce qui est mon cas, c’est la base. Cette richesse de « tout ce qui est là », c’est effectivement ces masses rocheuses, c’est cette inertie, c’est l’eau en dessous.

Construire là, c’est approfondir le site, c’est lui donner une qualité de plus, c’est orienter un regard, et c’est se servir de tout ce qui est là, c’est se servir de toutes les qualités qui sont là. Et je pense que là, il y a quelque chose qui est à revisiter – dans une modernité – qui est « habiter le roc ».

Qu’est-ce qui rend ce projet unique ?

Là on est dans une dimension très métaphysique, poétique, à une échelle géographique et dans une conscience d’un paysage ou d’un monde qu’on veut approfondir, rendre plus sensible. On n’a pas souvent ces conditions là. C’est sûr que cela crée quelque chose de totalement unique.