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Maroc : les 1001 grandeurs et décadences de la cité romaine de Volubilis

Volubilis © Prioryman

Volubilis © Prioryman

Fondée au IIIème siècle av. J.-C., la cité de Volubilis se trouve être le site antique le plus important du Maroc. La ville a survécu au rythme des grandeurs et décadences des peuples du bassin méditerranéen. Après de sombres siècles de pillage, le site connaît aujourd’hui un nouveau souffle grâce aux touristes toujours plus nombreux venus admirer ses arches et ses colonnes de marbre.

Au coeur d’une plaine fertile, dans le Nord de la région de Meknès, nichée parmi les champs d’oliviers au pied du Mont Zerhoun, se dresse l’antique cité de Volubilis. Ce bijou architectural regorge de trésors archéologiques témoignant des longs siècles traversés et des nombreuses civilisations qui s’y sont succédées. Malgré des années sombres de décadences, d’abandon et de pillage, le site revit aujourd’hui grâce au travail acharné des gardiens et des chercheurs pour préserver le lieu.

“Un lieu de permanence des sociétés qui ont habité le le Maghreb extrême »

C’est le critère retenu par l’UNESCO pour inscrire le site au patrimoine mondial de l’humanité en 1997. En effet, depuis sa fondation au IIIème siècle av. J.-C. jusqu’à son abandon définitif au XVIIème siècle, après la mort du Sultan Moulay Ismaïl ben Chérif, la ville a connu nombre de civilisations qui s’y sont implantées, ont prospéré et périclité à travers les siècles. Des premiers Berbères aux dynasties musulmanes, en passant bien sûr par les Maures, les Romains et les Chrétiens, tous y ont laissé leur empreinte pour donner à Volubilis son charme et sa richesse cosmopolite incomparables.

Victime des revers historiques de sa propre grandeur

Derrière cette artère centrale encadrée de portiques, des vestiges de grandes demeures ou de son arc de triomphe, quelques uns des symboles urbanistiques romains, nul ne peut ignorer la splendeur passée de la cité. D’abord capitale du vaste Royaume de Maurétanie, qui s’étendait de l’Est de l’Algérie jusqu’à l’Océan Atlantique et bordé au Sud par l’Atlas, puis métropole agricole très prospère chez les Romains, la ville comptait alors plus de 15 000 habitants. Elle subit ses premiers revers en 285 ap. J.-C. lorsque, menacée par les guerres civiles qui agitent alors tout l’Empire en Occident, la ville est évacuée.

Volubilis, ou “Oualili” en arabe, ne retrouvera sa splendeur que trois à quatre siècles plus tard avec l’arrivée des Arabes avant de tomber dans l’ombre de Fès, nouvelle capitale de la dynastie des Idrissides. Et c’est le début d’une longue période sombre pour Volubilis, qui ne connaît alors de visiteurs que des pilleurs, venus dépouiller la ville de ses mille et unes parures, de son marbre, de ses mosaïques, de ses statues. L’intérêt pour la ville n’a d’ailleurs jamais été aussi fort, durant ces sombres siècles, que pendant la présence coloniale française de 1912 à 1956, où la ville enregistre son record de pertes et de pilleries alors même que les fouilles archéologiques démarrent.

Le siècle de la préservation, celui de la résurrection

Grâce à l’acharnement des gardiens du site et à l’emprise des réglementations internationales avec le label de l’UNESCO, le site a peu à peu pu s’équiper de clôtures, de caméra et d’une véritable garde veillant 24h/24 ces pierres millénaires. A leur côté, les équipes de chercheurs et d’archéologues sont en quelque sorte les nouveaux habitants de Volubilis. Ils y travaillent d’arrache pied depuis 1915 pour découvrir ce que la ville a encore à nous révéler des civilisations passées et à nous offrir de trésors artistiques et architecturaux. Et leur travail est loin de s’achever puisqu’environ un tier du site est encore enfoui.

De belles perspectives pour enrichir les vitrines déjà bien fournies du musée qui a ouvert ses portes en 2013. Une occasion certaines pour les quelques 300 000 visiteurs en 2017, de renouveler l’expérience et contempler de nouvelles pièces mauresques, romaines, carthaginoises, berbères ou encore arabes… Ou simplement de se balader sur ces quelques 42 hectares entre la basilique, le capitole, dans les anciens termes ou à l’ombre de cette végétation luxuriante, qui répercutent peut-être encore l’écho des événements du passé.