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Oroubah Dieb, une artiste en exil

Oroubah Dieb à l’atelier des artistes en exil, à Paris Photographie : Céline Anaya Gautier

Dans sa galerie Terrain Vagh, située dans le quartier latin, en face de l’Institut du Monde Arabe, Alain Vagh-Weinmann a à cœur de proposer des expositions engagées pour mettre en avant des artistes originaires des pays méditerranéens. Samedi 20 juin 2020, à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés y débutait “Matières à exil”, une exposition de la plasticienne syrienne, Oroubah Dieb.  

Les déplacements de population sont au cœur du travail d’Oroubah Dieb. L’artiste a quitté Damas en 2012, sept ans après y avoir fondé une école d’art privée avec son mari, également peintre et sculpteur. Dans ses tableaux l’artiste peint et raconte l’exil, son exil loin de Damas donc, et loin d’un quotidien qui fut heureux. Entre abstraction et figuration, son œuvre est traversée par les thèmes de l’exil, l’amour, la mémoire : « Quitter Damas fut la décision la plus difficile que je n’ai jamais prise.” Cette ville l’a passionnée pendant plus que quarante ans, elle y a réalisé ses rêves. “J’y suis tombée amoureuse, je m’y suis mariée, j’y ai donné naissance à mes enfants. Tout était splendide.” Quelques jours avant le départ de, Oroubah errait dans les rues de Damas, avec le sentiment qu’elle ne la reverrait plus jamais. “J’abandonnais le lieu de mes souvenirs.” La guerre n’épargne personne. “Quelques jours avant notre départ, nous avons fermé, mon mari et moi, notre atelier sans avoir idée ce que serait la suite”.

 

L’exode, matière à création

Photographie : Atelier des artistes en exil

 

Sur la toile, les formes de ses collages et peintures s’expriment en liberté. Surgissant au premier plan, dans un espace libre et dégagé sur de grandes toiles, des personnages hauts en couleur, présences humaines, femmes, hommes, enfants, baluchons, s’animent, s’ordonnent, se libèrent du réel et traversent le temps à la découverte d’un autre territoire, avec pour bagage leur seule mémoire. Ils marchent cheminent dans une vie nouvelle, portés par des couleurs fluides, vibrantes et rythmées, les couleurs bigarrées et lumineuses des vêtements traditionnels paysans syriens. 

 

Dieb participe à de nombreux événements artistiques dans toute l’Europe et ses oeuvres de sont exposées dans le monde entier, à Beyrouth, à Dubaï et dans de nombreuses autres villes. Une grande partie de son art incarne l’expérience de la vie en exil à laquelle les réfugiés sont contraints de faire face. Ses peintures dépeignent les situations dramatiques qu’ils rencontrent, ainsi que leur souffrance et leur misère. 

 

À Paris, où elle vit depuis 2016, Oroubah Dieb a trouvé refuge à l’atelier “Artistes en exil« . Cette association, vient en aide aux artistes exilés, car “réfugiés n’est pas un métier”, et leur donne le moyen d’éprouver leur pratique et de se restructurer.