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Pharaon des Deux Terres : retour sur l’histoire des pharaons noirs

Jusqu’au 25 juillet, le Musée du Louvre à Paris explore l’influence non négligeable de la dynastie des pharaons koushites sur la civilisation et l’histoire égyptiennes. Ayant régnés près d’un demi-siècle, les noms de ces pharaons noirs, originaires de l’actuel Soudan, se trouvent souvent éclipsés par ceux de Toutankhamon et de Ramsès II… Leurs épopées et leurs conquêtes ont pourtant contribué à une “Renaissance” de l’Egypte ancienne.

“Les rois de Koush, plus pharaons que les pharaons”

Jusqu’au début du VIIIe siècle avant J.-C., les terres des pharaons égyptiens s’étendaient jusqu’au pays de Koush, dans le désert de Nubie, au confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu. Mais en 720 avant J.-C., l’Egypte, divisée, est menacée par l’Assyrie. C’est alors qu’un roi koushite, Piânkhi, entreprend d’organiser sa défense et constitue depuis Napata un royaume dans le but de reconquérir la vallée du Nil et de rétablir les cultes égyptiens.

Les Koushistes, à qui les pharaons égyptiens avaient initialement imposé leur supériorité, leur religion et leurs valeurs, considéraient finalement le souci de restaurer ces traditions qu’ils assimilaient comme les leurs. Ainsi, Vincent Rondot, directeur du département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, explique que « Ces rois de Koush sont devenus en quelque sorte plus pharaons que les pharaons. »

Une renaissance religieuse et traditionnelle en Egypte antique

Piankhi a fondé la 25e dynastie de pharaons. La monarchie est immédiatement placée sous la protection des dieux égyptiens et les pharaons koushites, en suivant les textes théologiques anciens et les archives égyptiennes, réaffirment les éléments fondateurs de la religion. A cet escient, ils éditent de nombreuses stèles, typiques de l’art et de l’architecture de l’Ancien Empire égyptien (2700 à 2200 avant J.-C.), que le musée vous propose de retrouver.

 

Les terres nubiennes du Soudan possèdent 220 pyramides, là où l’Egypte n’en compte que 120 environ.

Qu’attendre de l’exposition Pharaon des Deux Terres ?

Le Louvre propose d’abord à ses visiteurs de plonger dans cette époque méconnue de l’Egypte ancienne qui a contribué à sa continuité et à sa grandeur, mais aussi, il leur promet de découvrir des spécificités de l’art des pharaons noirs. La dynastie koushite a laissé derrière elle ses représentations atypiques du visage et de la personnalité pharaoniques.

Des statues découvertes en 2003 et reconstituées pour cette occasion permettent de remarquer des critères stylistiques bien particuliers : des visages ronds, des têtes ornées d’une coiffe koushite et surtout, la présence de deux cobras au lieu d’un seul. Ces deux uræus, symboles des pharaons, illustrent en effet l’étendue des terres gouvernées par la 25e dynastie : le pays de Koush et l’Egypte.

Pour le reste de l’histoire, découvrez l’exposition !