Le nouveau média digital et social pour découvrir l’Arabie et le Moyen-Orient. Décalé. Innovant.

Que signifient les tatouages berbères ?

Art corporel ancestral parmi les populations berbères du Maghreb, les tatouages décorent les visages, mains et chevilles des femmes d’Afrique du nord depuis toujours. Bien que cette tradition se perde depuis les années 1950, certaines femmes de Tunisie, d’Algérie et du Maroc les arborent toujours fièrement.

Une pratique ancestrale

Les femmes berbères sont connues pour leur sens aigu de l’esthétique. Leurs vêtements traditionnels très colorés et agrémentés de bijoux dénotent facilement avec les décors désertiques des paysages du Maghreb

Les tatouages berbères complètent cette allure élégante et soignée : ces signes géométriques en forme de flèche, de point, de triangle, habillent leurs visages, leurs mains et leurs chevilles, les seules parties découvertes de leurs corps

 

 

On retrouve des traces de cette tradition depuis l’antiquité dans la région du Maghreb, qui a perduré jusque dans les années 1950, avant que la coutume ne disparaisse au profit d’un style plus moderne et mondialisé. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, seules les femmes âgées sont parées de ces dessins sur leur peau, dernières témoins de cette pratique ancestrale.

 

Signes de beauté et de spiritualité

Mais d’où vient donc cette tradition du tatouage sur les corps des femmes ? La première raison est avant tout esthétique : ces dessins graphiques qui ornent leurs peaux sont destinés à y rester à vie. C’est une sorte de bijou naturel et éternel, qui ne nécessite pas d’être retiré, qui se fond dans la peau et ses rides naturelles

Mais ces dessins corporels ont également une dimension symbolique importante. Certains marquaient une appartenance identitaire à un groupe, une famille, une région. D’autres signifiaient le statut marital de la femme qui le porte : veuve, célibataire, ou jeune mariée. D’autres encore représentaient des animaux symbolisant des valeurs essentielles dans la culture berbère, comme la fertilité, la sagesse ou la bonté.

 

 

“Quand une personne portait le malheur en elle, on lui faisait un tatouage” raconte l’une de ces femmes d’un petit village du sud de la Tunisie, dans le documentaire de Myriam Mezclarte sur le sujet. Dans la coutume berbère, le tatouage était donc aussi un moyen de soulager les maux, de soigner un malheur, comme une sorte de thérapie. 

Aujourd’hui, ces motifs esthétiques sont remis au goût du jour par plusieurs marques qui s’en inspirent pour leurs créations, comme la marque algérienne Taszuri de la créatrice Rym, ou par des connaisseurs qui n’hésitent pas à réutiliser ces dessins pour se les faire tatouer eux aussi.