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Sadara, le plus grand complexe chimique du monde, est en Arabie

A l’est du désert d’Arabie se dresse le plus grand complexe industriel chimique du monde. Son nom : Sadara, une gigantesque oasis de métal, fer de lance de la diversification économique de l’Arabie saoudite.

Dans la cité industrielle de Jubail, à l’est de l’Arabie saoudite, est sorti de terre en 2011 Sadara, un complexe chimique mastodontesque issu d’une joint-venture entre le géant américain Dow Chemicals et Saudi Aramco. D’une superficie grande comme trois fois celle de la Principauté de Monaco et d’une capacité de production de 3 millions de tonnes par an, la nouvelle usine chimique de Sadara est la plus grande au monde.

Anticiper l’après-pétrole, préparer l’Arabie saoudite de demain

Avec ses 26 unités de production dernier cri et un budget de 20 milliards de dollars, Sadara se veut à l’avant-garde de la transformation de l’économie du Royaume. Son nom – signifiant « à la pointe » en langue arabe – illustre l’ambition du nouveau centre industriel. Comme une réponse à cette promesse, le complexe est l’un des plus avancés au monde d’un point de vue technologique. Il sera par ailleurs le premier, dans la région, à raffiner le naphta et produire certains types de plastiques.

Un employé de Saudi Aramco au complexe de Sadara © Saudi Aramco
Un employé de Saudi Aramco au complexe de Sadara © Saudi Aramco

Pour l’Arabie saoudite, être à la pointe signifie surtout anticiper l’après-pétrole. Un objectif prioritaire pour le Royaume dans le cadre du plan Vision 2030. Celui-ci passe entre autres par la modernisation des infrastructures, la diversification des ressources, mais aussi l’ouverture aux investisseurs étrangers.

Des bases pour Total, Veolia, Dow Chemical, Aramco

Déjà fortement investi dans le complexe, Dow Chemicals veut aujourd’hui renforcer son implication. Le groupe américain a annoncé en mai dernier son plan pour construire une usine de polymères pour revêtements et pour les applications dans le traitement d’eau. Un second projet concernant la fabrication de silicones de performance est également dans les tuyaux de la multinationale.

Le groupe Total a lui aussi implanté une plateforme de raffinage en pétrochimie au sein du complexe de Sadara via sa joint-venture avec Saudi Aramco, Satorp. Avec 20 000 kilomètres de pipelines aériens, et plus d’un million de tonnes de brut par an de capacités de produits pétrochimiques, celle-ci est la plus importante du groupe pétrolier dans la région.

Egalement présent, le français Veolia y a déjà installé une usine de dessalement en 2013. Le belge Solvay, lui, a implanté une méga-usine de peroxyde d’hydrogène d’une capacité de production annuelle de 300 000 tonnes. Preuve, finalement, que les investissements étrangers sont légion au Royaume, du moins dans le secteur de l’industrie chimique.

Le complexe industriel de Sadara en chiffres
Superficie : 600 hectares (6 km²)
Budget annuel : 20 milliards de dollars
4 200 employés
26 unités de production à la pointe de la technologie
3 millions de tonnes de capacité annuelle
Des partenariats avec de grandes entreprises internationales : Dow Chemical, Total, Linde, Veolia, Solvay