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17 000 pièces archéologiques irakiennes restituées par les Etats-Unis

Après plusieurs mois de discussions entre les autorités irakiennes et leurs homologues américains, le ministre de la Culture Hassan Nazim a annoncé avec fierté que pas moins de 17 000 pièces vieilles de 4000 ans allaient être restituées à leur pays d’origine. "Il s'agit de la plus importante restitution d'antiquités à l'Irak", confie-t-il, soulagé.

Ce phénomène n’est malheureusement pas nouveau : en effet, l’Irak et ses sites archéologiques sont les cibles continuelles de pillages et de vols et ce depuis des décennies. Qahtan al-Obaid, directeur des Antiquités et du Patrimoine du musée de Bassora (ville du Sud-Ouest de l’Irak), explique que les dégâts de ces cambriolages sont inquantifiables et qu’ils relèvent non seulement du crime organisé mais aussi des peuples locaux, tentant d’assurer leur survie.

La destruction et le pillage de plusieurs sites, comme celui du Musée national par exemple et celui dont il est question dans cet article, ont été en revanche causés par l’invasion américaine lors de la guerre d’Irak en 2003 et la chute de Saddam Hussein par la suite.

Jacquelyn Kasulis, la procureure américaine chargée du dossier, qualifie les pièces de “chef d’œuvre » et s’est naturellement positionnée pour le retour de ce trésor en Irak.

En effet, les pièces détenues par les Etats-Unis retracent les échanges commerciaux de la période sumérienne, soit la plus ancienne civilisation de la Mésopotamie (environ -3400 à – 2004 av J.C), souvent considérée comme le berceau de la civilisation.

Une tablette d’argile datant de -3500 av J.C environ a également été trouvée aux Etats-Unis alors qu’elle avait été introduite sur le marché de manière frauduleuse. Elle comporterait des fragments du récit épique l’Épopée de Gilgamesh, œuvre littéraire parmi les plus anciennes de l’humanité, dont on a retrouvé des versions en Syrie, en Anatolie et en Palestine. La langue utilisée sur la tablette est la langue cunéiforme, soit le plus ancien style d’écriture connu avec les hiéroglyphes ; comme son nom l’indique, l’écriture est composée de signes constitués de traits terminés en forme de « coins » ou « clous » (du latin cuneus).

Ces précieux vestiges de l’Histoire de l’Irak seront transportés avec soin dans l’avion du Premier Ministre Moustafa al-Kazimi, à son retour d’une visite aux Etats-Unis avec le Président Joe Biden.
Cette étape est, selon les espoirs du Premier Ministre, le début de la restitution de ses trésors à l’Irak et la revalorisation de son patrimoine.