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3 comptes instagram pour faire revivre le passé aux générations oubliées

Le pouvoir des réseaux sociaux est infini. Au-delà de la possibilité pour chacun d’affirmer ses positions ou de partager son histoire, Instagram, Facebook, Twitter et tous les autres outils numériques nous offrent la possibilité de voyager dans le temps ou dans l’espace, et d’ouvrir un monde de connaissances accessible à tous. Sadiya Ahmed, Ayesha Saldanha, et Basil Al-Rawi l’ont bien compris et ont su transformer les réseaux sociaux en un environnement digital où se mêlent histoires personnelles, photos historiques et bien d’autres trésors que les générations précédentes n’ont pas eu la chance de partager.  

Un moyen de raviver l’esprit musulman, acteur de la construction de la Grande Bretagne

En tombant sur de vieilles photos de ses parents dans leur jeunesse, Sadiya Ahmed s’est lancé dans un projet un peu fou : faire revivre les histoires et les rêves qui se cachent derrière des photos Polaroïd afin de mettre en valeur le patrimoine musulman encore plutôt absent de l’histoire de la Grande Bretagne

C’est donc de cette idée simple qu’est né Everyday Muslim, un site Internet accompagné de ses réseaux sociaux afin de transmettre à la nouvelle génération aussi bien l’expérience musulmane en Grande-Bretagne que la documentation liée aux histoires de la génération précédente. Ainsi, si ces archives partagent les divers récits des communautés musulmanes, elles mettent également en valeur le rôle déterminant qu’elles ont pu jouer dans la construction de la Grande-Bretagne. 

En parlant de son projet avec d’autres communautés de diasporas, sa fondatrice a vite réalisé qu’elle n’était pas pas la seule à vouloir raviver l’esprit musulman au sein de la communauté anglo-saxonne. Dès 2014, le projet a donc pris de l’ampleur pour s’étendre bien au-delà des photos. Des histoires orales aux récits personnels, le projet est devenu rapidement le socle d’interactions communautaires et le compte Instagram suscite désormais un taux d’engagement important notamment de la part de communautés de seconde ou troisième génération de la diaspora. 

Pour Sadiya Ahmed, « Instagram est un lieu qui permet aux gens de partager des informations de petite taille sans se sentir intimidés ou déplacés« . « Les réseaux sociaux ont ouvert à tous, un monde de connaissances qui, autrement, n’auraient été accessibles qu’à quelques-uns, tels que les universitaires ou les privilégiés des espaces culturels, là où les communautés arabes, sud-asiatiques ou autres n’étaient historiquement pas ou très peu représentées« .

L’occasion de faire revivre la communauté asiatique dans le Golfe 

De son côté, si Ayesha Saldanha a utilisé les mêmes moyens de partage, c’est un autre sujet qu’elle a voulu mettre en lumière: les histoires personnelles des Sud-Asiatiques du Golfe et des Khaleejis d’Asie du Sud. 

« Je pense qu’Instagram est un excellent moyen pour les individus de partager leurs propres histoires, avec de petits détails qui ne pourront pas être trouvés dans les articles de presse ou les documents universitaires. Ce sont ces détails qui nous touchent et nous aident à nous connecter aux expériences des autres« , affirme-t-elle. 

Ainsi, à travers le compte Instagram On Gulf ⇄ South Asia, le projet d’Ayesha Saldanha a réussi à retentir pour donner à la jeune génération la possibilité de transmettre eux-mêmes les histoires de leurs aïeux, “des récits qui n’ont jamais reçu beaucoup d’attention auparavant”. 

Le soutien à la mémoire de la vie irakienne des années 80’

D’une photo des années universitaires, aux images d’un mariage datant de 1978, le compte Instagram Iraq photo Archive regorge de souvenirs et permet à chacun de voyager à travers les âges pour découvrir les souvenirs de la vie quotidienne irakienne dans les années 1980.

Pour son fondateur irlandais-irakien Basil Al-Rawi, l’idée des archives photographiques irakiennes est née d’un projet de recherche de doctorat fondé sur la pratique utilisant des photographies et des films d’archives comme point de départ dans le but de créer une œuvre d’art immersive réarticulant les souvenirs de la diaspora irakienne. 

Désormais, ce projet rendu concret sert un objectif bien précis: documenter et acculturer un plus large public sur la vie quotidienne des irakiens à travers un grand nombre d’archives numériques ou de récits personnels oraux

En passant par un environnement numérique, et spécialement la plateforme Instagram, Basil Al-Rawi est persuadé d’une chose : générer une plus large audience et toucher un public aux multiples origines afin d’instaurer un dialogue intergénérationnel intéressant. 

Les raisons de continuer le développement de ce projet pourraient également s’appliquer à Saldanha et Ahmed car selon lui, Instagram est  « une plateforme pour des gens comme moi, qui ont un désir ardent et une envie de se connecter à une culture dont ils ont été déconnectés« .