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Coronavirus : comment les salariés d’Emirates gèrent la crise

En raison de l’épidémie de Covid-19, les compagnies aériennes du Golfe ont dû suspendre leurs activités le 23 mars dernier. Un événement qui a fortement impacté la vie des membres d’équipage de la compagnie aérienne Emirates à Dubaï..

Le lundi 23 mars dernier, la plus grande compagnie aérienne du Moyen-Orient annonçait officiellement qu’elle suspendait tous ses vols commerciaux dans le monde afin de lutter contre l’expansion du coronavirus. Un choc pour cette entreprise qui a transporté plus de 90 000 passagers l’an dernier, et reste une des rares de son secteur à encore dégager des bénéfices. Les répercussions de cette situation n’ont pas tardé à se faire ressentir sur son personnel naviguant. Contraints de rester au sol, les salariés de l’entreprise Dubaïote généralement habitués aux longs courriers aux quatre coins du globe ont dû eux aussi, se réinventer.

Congés et quarantaines

Début février, alors que la compagnie doit suspendre tous ses vols vers la Chine (à l’exception de Beijing), chaque personnel de cabine doit être soumis à des tests de dépistage du coronavirus à chaque vol au retour de Dubaï, avec l’interdiction de reprendre l’avion avant d’obtenir les résultats “ À partir de ce moment là, on a commencé à recevoir beaucoup d’emails du management pour nous demander de rester patient et souple, car nos emplois du temps allaient changer tout le temps. Beaucoup de destinations ont commencé à être suspendues. En même temps, on nous disait de ne pas écouter les rumeurs et de maintenir le business à la normale”, explique Kareem, un steward de la compagnie.

 

Le 23 mars, c’est l’intégralité des vols des compagnies nationales qui doit être annulée, suite à la demande des autorités des Emirats arabes unis. Face à cette situation inédite, le transporteur aérien propose alors à ses salariés de prendre des congés sans soldes ainsi qu’une réduction de 25% de leur salaire de base, à laquelle vient déjà s’ajouter l’annulation des heures de vol. Une décision drastique, plutôt bien accueillie malgré tout, au sein du personnel navigant, à l’instar de Mohammed, chef de cabine depuis trois ans “Nous ne sommes pas les plus à plaindre à Dubaï, même si il y a une grande différence dans nos salaires maintenant qu’on nous a retiré les heures de vol et avec la réduction du salaire de base, nous n’avons pas de loyer à payer car nous sommes logés par la compagnie, et ceux qui vivent à l’extérieur ont une prime d’habitation. En plus, nous ne dépensons presque plus rien comme nous ne pouvons pas sortir.”

Une étape supplémentaire a été franchie le 5 avril, car désormais tous les habitants de Dubaï sont soumis à un strict confinement, 24h/24, pendant que la ville est désinfectée. De son côté, Emirates a renforcé sa vigilance dans les habitations où résident ses membres d’équipage. Ces derniers doivent renseigner tous leurs déplacements en signant un registre dans le hall de leur immeuble dès qu’ils sortent et tous les visiteurs extérieurs sont formellement interdits. “Si on sort plus d’une heure, nous recevons un email de notre manager pour nous rappeler que nous ne respections pas les règles du pays”, explique Mohammed.

 

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This is not a goodbye but a ‘see you soon’ from your Emirates family around the world. With nations closing their borders and going on lockdown, we have had to take the painful yet pragmatic measure of temporarily suspending our flights. Whilst we have done everything possible to maintain crucial air links and get people to their loved ones, there’s nothing more important right now than the health and safety of communities worldwide. This is an unprecedented crisis, and our thoughts go out to everyone affected. We sincerely apologize to all our customers with travel disruptions. We hope to welcome you on board, as soon as feasible. Our customers, Emirates Skywards members, partners, industry peers, employees, well-wishers and the communities we serve are at the heart of everything we do. We thank you for your continued support. We thank our employee teams as well as the UAE government and regulatory bodies who have risen to this challenge and delivered beyond their call of duty. We appreciate your service. We would like to express our gratitude to healthcare professionals worldwide who are at the frontline. You will never be forgotten. We are confident that we will come out of this stronger than ever before. We are in this together. Now is the time for all of us to stay home so that we can take to the skies soon.

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La solidarité des salariés sur les réseaux sociaux

Si les escales paradisiaques au bout du monde leur manquent, cette quarantaine est utilisée par certains comme une opportunité pour étudier ou se lancer dans des projets personnels, comme Sonia, hôtesse depuis deux ans qui s’essaie à un nouveau métier. “Je profite de la quarantaine pour travailler sur des projets personnels dans le domaine de la voix-off. Je ne pense pas faire ce métier toute ma vie, surtout avec tous ces long courriers, donc tout ce temps libre me permet de préparer la suite.”

 

D’autres, au contraire, sont plus connectés que jamais avec le reste de la communauté des salariés. C’est le cas de Hakim, steward, qui se connecte chaque jour sur le site intranet pour voir les nouvelles notifications : “Depuis le début de la crise, beaucoup de gens sont très actifs sur le site interne de l’entreprise, et proposent des services pour aider les autres comme des cours de yoga, ou de fitness par exemple.”

Une communauté aussi très active sur le compte Instagram de la compagnie, où on peut voir se multiplier les hommages au personnel soignant de la part des membres d’équipages comme du personnel au sol, mais aussi des messages de soutien entre salariés : “hâte d’être au jour où nous pourrons retrouver nos ailes et nous envoler encore”, “ce n’est qu’un au revoir”… Autant de marques qui témoignent de leur impatience de retourner dans les airs.