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Ramadan : Les préparations perturbées ?

Le mois de Ramadan, période la plus sacrée du monde musulman, est en général une période très festive et fédératrice. Mais en ces temps de pandémie, il est difficile de se projeter et de s’y préparer…

Le début du Ramadan est prévu pour le 23 avril de cette année. Pendant cette période, pour se rapprocher du seigneur, des millions de fidèles jeûnent du lever au coucher du soleil, prient, font des bonnes actions, etc. Ce mois saint est en outre généralement teinté d’une empreinte sociale très importante avec des réunions quotidiennes lors de l’iftar (le cassage du jeûne) qui s’effectue même souvent dans des lieux publics.

 

Il va sans dire que dans le contexte sanitaire mondial actuel, ce genre de manifestation est à proscrire totalement. Avec un couvre-feu instauré dans de nombreux pays, comme l’Egypte ou la Tunisie, on ne peut que prédire un mois de Ramadan plus morose qu’à l’ordinaire.

 

Habitudes chamboulées 

Dans l’Islam, le mois de Ramadan (neuvième mois du calendrier islamique) correspond à la période pendant laquelle Dieu aurait révélé les premiers versets du Coran à son prophète Mahomet. Il l’aurait même fait pendant l’une des 10 dernières nuits de ce mois sacré : la nuit du destin. Et il s’agit là encore d’une période particulière, pendant laquelle de nombreux fidèles choisissent de vivre et de dormir à la mosquée afin de se dédier pleinement à la religion. Un autre détail qui risque d’être complètement chamboulé par le COVID-19

 

 

Préparatifs perturbés 

Les semaines qui précèdent le début du Ramadan, c’est-à-dire les jours que nous vivons actuellement, sont habituellement consacrées aux préparatifs. Il s’agit en effet du mois pendant lequel la consommation est la plus importante. Or, suite aux achats de “prévoyance” réalisés à travers le monde, de nombreux rayons de magasin sont actuellement vides, ou presques… Difficile, donc, de se munir des ingrédients nécessaires à la préparation des nombreux plats traditionnels préparés lors de ce mois saint. Cela s’avère d’autant plus vrai pour les familles nombreuses, qui doivent procéder à des achats conséquents, alors même que de nombreux magasins ont mis en place des restrictions de quantité afin de faire face à la “folie acheteuse” de certains… 

 

Des difficultés des deux côtés du miroir 

Si la période risque d’être plus compliquée que d’ordinaire pour le consommateur, cela s’avère tout aussi vrai pour les commerçants. Beaucoup ont été forcés de fermer leurs portes, indéfiniment pour les plus malchanceux… Le Ramadan, qui représente bien souvent un point culminant du commerce pour les restaurants, les boulangeries, les exposants des marchés, et autres artisans, s’annonce bien différent cette année… 

 

 

Si tous les fidèles sont tenus de jeûner, il existe de nombreux aménagements dus à des circonstances atténuantes, comme pour les enfants, les femmes enceintes ou en période de règles, les voyageurs, et, évidemment, les personnes malades. Le Covid-19 ne déroge pas à la règle et les musulmans atteints par le virus pourront s’affranchir de leur devoir le temps d’aller mieux. 

 

L’Aid en demi-teinte 

Chaque année, le Ramadan se termine sur l’une des fêtes les plus importantes de l’Islam : l’Aid El-Fitr, ou fête de la rupture. Trois jours de festivités marquées par l’arrivée de la pleine lune. Cadeaux, vêtements, sorties familiales, repas de fête sont d’ordinaire de rigueur, mais cette année, rien n’est moins sûr…