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Arabie Saoudite : la Covid-19 favorise-t-elle l’emploi des femmes ?

64% ! C’est le taux d’activité des femmes en Arabie Saoudite depuis deux ans, c’est-à-dire celles qui travaillent ou qui cherchent activement un emploi ! Et ce sont les chercheurs de la Brookings Institution qui nous révèlent ce score. Retour sur un phénomène d’ampleur, encore trop peu observé dans le monde … 

De réforme en réforme, un phénomène encore impensable il y a quelques années … 

En 2012, les femmes sont autorisées à travailler, pour la première fois, ailleurs que dans des bureaux à l’abri des regards! 

En 2017, dans le cadre de son plan Vision 2030, le prince Mohammed ben Salmane, désigné héritier de la couronne, présente un de ses objectifs principaux : faire passer le taux d’emploi des femmes de 22 à 30% d’ici 10 ans. 

En 2019, les saoudiennes peuvent passer le permis de conduire.

Depuis quelques années, le royaume est bien déterminé à faire évoluer la place de la femme dans la société. D’année en année, de réforme en réforme, la femme est de plus en plus autorisée à s’épanouir dans le monde oriental, notamment par la voie professionelle. 

Et pour autant, si ces politiques ne sont que de bonnes nouvelles, elles ne parviennent toujours pas à expliquer cette féminisation si spectaculaire de la population active saoudienne … 

Une seule explication : la pandémie de la COVID-19 

Mi-mai, de nouveaux chercheurs ont tenté d’interpréter ce phénomène. Pour eux une explication : l’une des conséquences, certes inattendues, de la pandémie de Covid-19… 

En effet, depuis début 2020, de nombreux migrants ont quitté le pays, laissant ainsi leurs postes vacants. Alors quand l’économie saoudienne a décidé de redémarrer quelques mois plus tard, les entreprises ont dû se tourner vers les saoudiennes afin de remplacer l’ensemble des indiens, des philippins ou des pakistanais déjà loin des frontières … 

 

Vers une démocratisation du travail de la femme 

Mais ce n’est pas tout ! 

Alors qu’elles étaient nombreuses à rechercher un travail au cours des deux dernières années, leur taux de chômage a pourtant diminué pour passer de 32 % à 24 %.

Déjà en 2017, les changements de mentalité commençaient. Une étude réalisée par des chercheurs a réuni un groupe d’hommes. Le but était de leur apprendre  que la majorité de leurs concitoyens étaient favorables au travail des femmes, avant de les laisser décider d’inscrire ou non leur épouse sur une plate-forme de recherche d’emploi. Le résultat a été net : 32 % d’entre eux y ont inscrit leurs épouses, contre 23 % dans un groupe de contrôle qui n’était pas renseigné sur l’opinion de la majorité.

La promesse d’un bel avenir professionnel pour toutes ces femmes