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Journée mondiale de la poésie : 3 poètes arabes à lire absolument

Mahmoud Darwicch

Mahmoud Darwicch

Aujourd’hui, c’est la Journée internationale de la poésie. L’occasion de célébrer la vie en rimes mais surtout le 20ème anniversaire d’un hommage à la valse des mots. Inauguré lors de la 30ème session de la Conférence générale de l'Organisation des Nations-Unies pour l'éducation, la science et la culture en 1999, cette journée permet de ne pas oublier cet art majeur essentiel à nos vies et de nous faire découvrir ou redécouvrir ses figures de proue. Et langue arabe n’étant pas en reste quand il s’agit d’utiliser des métaphores, voici une sélection de 3 poètes majeurs au Moyen-Orient

Mahmoud Darwich, le chantre de la terre palestinienne

Né en Galilée en 1941, Mahmoud Darwich voit le jour à dix kilomètres de la ville d’Acre, dans le petit village de Al-Birwah alors sous mandat britannique. Après la première guerre israélo-arabe de 1948, il s’enfuit avec sa famille pour le Liban où il étudiera quelques années avant de se réinstaller à Haïfa. Il commence alors des activités politiques au sein du parti communiste d’Israël, tout en écrivant pour plusieurs journaux arabes.

A cette époque, il publie son premier recueil de poésie mais c’est en 1964 qu’il gagne une notoriété mondiale grâce au recueil Awraq Al-zaytun (Rameaux d’olivier) et au poème Bitaqat huwiyya: Sajel ana arabi (traduit Identité), l’imposant comme la voix de la résistance palestinienne partout dans le monde. Sa poésie aussi engagée que lui, ce dernier au comité exécutif de l’OLP en 1967, le mènera à vivre la majeure partie de sa vie en exil. Une existence nourrie du sentiment d’arrachement à la terre natale, mais aussi de courage et de résistance que l’on retrouve comme thèmes de prédilection de l’auteur, dont les écrits trouvent aujourd’hui encore écho dans l’actualité internationale.

Khalil Gibran, le mystique libanais

C’est au mont-Liban, au beau milieu des cèdres du Bcharré que Khalil Gibran naît, au sein d’une famille chrétienne maronite en 1883. Petit fils d’un prêtre maronite, il ne reste que très peu dans son pays natal, sa famille étant contrainte de quitter le Liban en raison des nombreuses dettes de jeu et autres petites escroqueries de son père.

Gibran Khalil Gibran
Gibran Khalil Gibran

Il part donc pour Boston à l’âge de 12 ans. Bien qu’il commence sa carrière en exposant des dessins et de la peinture, il écrit aussi de nombreux poèmes et histoires courtes. Dès le début du XIXème siècle, il publie de nombreux livres en arabe et en anglais. Son style direct emprunt de mysticisme est alors en rupture totale avec la tradition rigide de la poésie arabe de l’époque. Éditée en 1923 aux Etats-Unis, son oeuvre la plus célèbre, Le prophète, fait ressortir les thèmes chers à l’auteur: l’aliénation et la perte de la beauté rurale dans le monde moderne. Il devient rapidement une figure centrale du modernisme littéraire arabe.

Nazik Al-Mala’ika, le chant de Bagdad

Nazik Al-Mala’ika est tombée dans la marmite de la poésie très tôt. Née à Bagdad en 1922 au sein d’une famille d’intellectuels irakiens, son père est écrivain et sa mère poétesse, elle se découvre très jeune un goût pour les mots qui brillent. A 22 ans, elle obtient un diplôme du Collège des Arts à Bagdad suivi d’un Master en littérature comparée à l’Université du Wisconsin. Elle publie son premier poème Al-Kulira, dans une revue littéraire de Beyrouth en 1947. Ce poème marque une révolution dans le monde littéraire arabe, car il impose un style nouveau où l’auteur décide du rythme grâce à l’utilisation des pieds.

Nazik Al-Mala'ika
Nazik Al-Mala’ika

La même année, elle publie Shazaya wa Ramad (Étincelles et Cendres), suivi de Qararat al-Mawja (Le bas de la Vague) dix ans plus tard. Professeur, elle a aussi enseigné à l’Université de Mossoul. Son dernier volume « Arbre de la Lune » fut publié en 1968 avant qu’elle quitte l’Irak après l’accession au pouvoir du parti Baas. Atteinte de la maladie de Parkinson, elle meurt en Egypte où elle s’était exilée, à l’âge de 84 ans.