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Le GIEC alarmiste : comment le monde arabe fait-il face à l’urgence climatique ?

Le monde arabe, principalement composé de pays en voie de développement, est souvent montré du doigt pour son empreinte carbone conséquente. Mais au milieu des mauvaises habitudes, plus inhérentes aux modes de vie et de consommation de la société moderne qu’à un réel mépris pour l’environnement, émergent des projets qui méritent d’être placés sous les projecteurs…

Des arbres pour la Jordanie

Pays désertique en proie à une sécheresse record, la Jordanie a placé au centre de ses enjeux de verdir son territoire… au sens propre ! Pour ce faire, le département chargé de la protection de la nature au ministère de l’environnement a communiqué en début d’année sur sa volonté de planter 10 millions d’arbres en 10 ans.

L’objectif, à terme, est de recréer les forêts locales, dévastées par les incendies à répétition. Car si la coupe illégale existe en Jordanie, “elle ne représente que 1% des dégâts causés aux forêts” assure Mohamed Daoudia, ministre de l’Agriculture au moment où le projet de reboisement a été lancé. De fait, après 499 incendies en 2020, 50 hectares d’oliviers décimés sur le seul mois d’octobre dans la région d’Ajloun, 80 autres un an auparavant à Jerash, le besoin est bien réel.

Outre les bénéfices évidents sur le renouvellement d’oxygène de la planète, ces mesures ont également un effet bénéfique sur les abeilles, dont on ne présente plus l’importance pour l’écosystème.

Saudi Green Initiative & Middle East Green Initiative

C’est sans aucun doute le projet le plus ambitieux de tous ceux cités ici. Imaginée comme une extension de Vision 2030, la Saudi Green Initiative annoncée en mars 2021 et initiée par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane vise à tracer une nouvelle voie pour la région en matière de protection de la planète et contribuer de manière significative à la réalisation des objectifs mondiaux en matière de lutte contre le changement climatique. Très concrètement, il s’agit donc de réduire les émissions de carbone résultant de la production d’hydrocarbures dans la région de plus de 60%, et de produire 50 % de l’énergie du royaume à partir de sources renouvelables d’ici 2030.

Outre l’aspect énergie, l’Arabie saoudite, accompagnée par ses voisins du Golfe, entend bien lutter contre la désertification en plantant 40 milliards d’arbres supplémentaires au Moyen-Orient, ce qui permettrait de restaurer une superficie équivalente à 200 millions d’hectares de terres dégradées pour atteindre 5% de l’objectif mondial de plantation de 1 000 milliards d’arbres.

Enfin, le pays place en point d’orgue la préservation de l’espace marin en élevant la proportion des zones protégées à plus de 30% de la superficie totale des terres, soit environ 600 000 km² de littoral. Un objectif qui dépassera le niveau mondial actuel de 17%.

Aux Emirats, une politique ambitieuse

En position de pionnier de la région en matière de lutte contre le réchauffement climatique, la stratégie énergétique des EAU vise à atteindre un objectif de 44% de la capacité électrique du pays sans émission de CO2 d’ici à 2050, sur une capacité totale de 100 GW, dont 20% de photovoltaïque. Le pays s’est engagé, dans le cadre de l’Accord de Paris, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 70% à l’horizon 2050 en misant sur les énergies renouvelables et le nucléaire, ainsi qu’en améliorant le rendement des centrales électriques actuelles.

Pierre angulaire de ces ambitions, le projet de ville durable de Masdar, à Abu Dhabi, attire toujours autant le regard. Lancée en 2007, cette éco-cité devrait accueillir, une fois finie, jusqu’à 50 000 habitants et 1 500 entreprises, sur un territoire entièrement réfléchi pour générer le moins d’émissions possible : réseau de transport bas carbone, énergies renouvelables, stratégie zéro déchet, le projet de construction de cette ville est très ambitieux. Une partie est déjà opérationnelle et, à terme, la ville devrait accueillir 50 000 résidents et offrir 40 000 emplois à des non-résidents.