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#LockdownNotLockUp : l’ONG libanaise ABAAD lance une campagne pour lutter contre les violences domestiques

©ABAAD

La flambée du Coronavirus a amené plusieurs pays dans le monde à se confiner. Cette mesure, nécessaire pour limiter la propagation, a conduit à une hausse des violences conjugales. Au Liban, l’ONG ABAAD a pris les devants face à ce triste phénomène en lançant la campagne #LockdownNotLockUp. Zoom sur cette initiative solidaire, dont le rendez-vous était au balcon et sur les réseaux sociaux !

“ Confinée oui, enfermée non ”, voici comment on pourrait traduire le hashtag lancé par l’association ABAAD basée à Beyrouth. Engagée pour l’égalité des sexes dans la région MENA et mobilisée contre les violences basées sur le genre, l’ONG avait à cœur de faire connaître le numéro d’assistance téléphonique dédié aux femmes victimes de violences domestiques. Comment ? En encourageant les libanais à l’écrire en grand sur le support de leur choix et à l’accrocher sur leur balcon ou au bord d’une fenêtre. Une initiative relayée massivement sur les réseaux sociaux, à travers le hashtag #LockdownNotLockUp créé par l’ABAAD. Retour sur cet élan de solidarité avec Narod Haroutunian, Coordinatrice des Affaires Publiques au sein de l’ONG.

#LockdownNotLockUp : pourquoi avoir lancé cette campagne ?

Les cas de violences domestiques ayant augmenté durant le confinement, notre priorité était celle de lancer un appel à la solidarité, mais aussi envoyer un message d’espoir à toutes ces femmes confinées et victimes. Notre volonté est de leur dire “ vous n’êtes pas seules, vous n’avez pas à souffrir en silence. Vous pouvez nous appeler et nous demander de l’aide. “ Il y a encore des femmes qui ne connaissent pas les services qui peuvent leur être offerts en cas de maltraitance. Il était donc très important de partager, de manière plus visible, le numéro de notre ligne d’assistance. L’engagement a été formidable ! Des centaines de personnes, à travers le Liban, ont pris part à cette initiative. La campagne a permis d’atteindre, à ce jour, plus de 3,5 millions de personnes sur les réseaux sociaux. Un nombre qui ne cesse d’évoluer !

 

©ABAAD

Pourquoi les violences domestiques ont-elles augmenté durant la pandémie ?

Dans le cas du Liban, le confinement couplé à la crise économique ont exacerbé les risques de violences sexistes, déjà présents dans les foyers et les espaces publics. L’isolement, l’abus de pouvoir, les tensions accrues, les incertitudes financières et la perturbation des services vitaux sont autant de facteurs-clés qui ont aggravé la situation.

Pourquoi les femmes ont-elles peur de se manifester ?

Il y a plusieurs raisons à cela. Bien souvent, elles ont peur de la stigmatisation. Et puis il y a cette culture de la honte, notamment à cause de la pression familiale. Elles sont effrayées à l’idée de perdre leurs enfants, mais aussi de ne pas s’en sortir financièrement. Beaucoup de femmes espèrent également que leur agresseur changera. Sans oublier le sentiment d’impuissance. Elles ne savent pas qu’ils existent des services appropriés pour leur venir en aide.

Comment continuerez-vous d’accompagner les victimes après le déconfinement ?

Grâce à nos espaces sécuritaires situés à travers le pays. Nous allons maintenir et étendre nos services à distance en fonction des besoins. Le champ d’action des acteurs en première ligne sera, lui aussi, renforcé. Cela concerne principalement les secteurs de la santé, de la sécurité et de la justice. Enfin, nous sommes en coordination avec les parties prenantes afin de faire avancer les questions relatives à la VBG (violence basée sur le genre) dans l’agenda des politiques nationales.

 

Merci à Narod Haroutunian, Coordinatrice des Affaires Publiques chez ABAAD
www.abaadmena.org