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Le comédien Fabio Abraham se met dans la peau du président égyptien

L’acteur italo-égyptien Fabio Abraham incarnera le mythique président égyptien Gamal Abdel Nasser pour une série documentaire dramatique diffusée bientôt sur CNN

Après avoir grandi en banlieue du Caire, où il effectue des études en comptabilité et administration des entreprises, Fabio Abraham change de vie et déménage au Royaume-Uni au début des années 2000 pour débuter sa carrière d’acteur. Depuis, il s’est fait un nom dans le cinéma britannique et international, remportant même le titre d’acteur de l’année décerné par le Joe Bol Exquisite magazine en 2015 après son rôle dans le film indépendant à succès Afua’s diary, une comédie romantique sur fond d’immigration et de diaspora. Il est aussi la voix-off en arabe d’Aladdin de Walt Disney et incarnera bientôt le célèbre président Égyptien Gamal Abd Nasser pour une série documentaire dramatique racontant l’histoire de Jérusalem sur CNN. Rencontre

Qu’est-ce qui vous a incité à épouser une carrière de comédien ?

C’est mon rêve depuis l’âge de 4 ans, quand je suis allé au cinéma pour la première fois avec mes parents pour voir un film du comédien égyptien légendaire Adel Imam. J’étais fasciné par cet écran géant et tous ces gens qui le regardaient en silence, concentrés. Une sorte de magie m’a frappé et je rêvais d’être ce type sur l’écran un jour. La deuxième fois, c’était à l’âge de 7 ans, quand un réalisateur est venu dans mon école primaire à la recherche d’un enfant pour jouer un rôle de héros dans une pièce de théâtre pour enfants. Il m’a regardé et m’a dit « Viens par ici toi ‘était en 2014 que j’ai joué dans le film indépendant Afua’s Diary! Tu sais bien prononcer en arabe ? ». J’ai répondu au test correctement, et il m’a embarqué dans sa pièce. C’était le début.

Quels ont été vos débuts à l’écran ?

C’était en 2014 que j’ai joué dans le film indépendant Afua’s Diary. C’est une comédie romantique basée sur l’histoire vraie d’un riche millionnaire britannique. J’interprétais son rôle. Quand nous avons terminé le film et commencé à le projeter au cinéma, des politiciens nous ont demandé une projection privée, alors nous avons commencé à avoir peur parce que le film n’avait rien de politique. Ils ont invité toute l’équipe du film au cinéma et ont pris des notes durant toute la projection. Quand le film s’est terminé, ils nous ont félicités et sont partis sans rien dire. Deux semaines plus tard, David Cameron, premier ministre de l’époque, déclarait qu’il avait pensé à mettre en place une nouvelle loi sur l’immigration après avoir vu le film. À partir de là, cette loi a été appliquée partout. Nous avons réussi à changer quelque chose dans la vie des Britanniques. C’était incroyable.

 

Vous êtes-vous déjà senti limité dans votre carrière à cause de votre apparence arabe ? Avez-vous l’impression que la situation commence à changer dans le cinéma?

Je me souviens que lorsque je travaillais sur la série Bill, l’une des plus célèbres série de télévision britannique, je parlais au réalisateur et il me voyait essayer de renforcer mon accent anglais. Il m’a alors dit: « Écoute Fabio, n’essaie jamais de te changer parce que tu as la chance que ton look ressemble à celui de beaucoup de gens sur la planète, et qu’il puisse t’offrir beaucoup de rôles. N’essayez pas de changer ton accent parce que c’est ton point fort« . Il a dit que des acteurs célèbres comme Omar Sharif ou Arnold Schwarzenegger avaient eu beaucoup étaient devenus des stars pour ce qu’ils étaient, avec leurs accents. J’ai donc écouté les conseils du premier réalisateur avec lequel j’ai travaillé et je n’ai jamais laissé ces pensées négatives me venir à l’esprit. Aujourd’hui, je suis désiré et recruté pour ce que je suis, ma carrière est en plein essor et grâce à Dieu, j’ai ce style et cet accent, et j’en suis fière.

Comment vous êtes-vous préparé au rôle de Gamal Abdel Nasser ?

La préparation était un peu difficile parce que deux choses me sont venues à l’esprit. La première est que beaucoup de superstars du cinéma égyptien avaient déjà incarné ce rôle avant moi, certaines légendes comme Ahmad Zaki ou Magdy Kamel. J’ai donc commencé à regarder beaucoup de documentaires et à lire beaucoup de livres sur Gamal Abdel Nasser, sur son éducation et son enfance, juste pour comprendre sa mentalité. Ma deuxième préoccupation était sur l’apparence, et sur ma capacité à lui ressembler physiquement, mais grâce à l’équipe de maquillage extraordinaire, ce fut le cas. J’étais stupéfait.

Quels sont les acteurs qui vous inspirent ?

Depuis que je suis enfant, j’aime beaucoup Al Pacino. Pour son charisme, sa technicité et la façon dont il incarne chaque personnage qu’il joue. Chaque film qu’il fait n’est jamais le même, il plonge dans la peau de son propre personnage et donne vraiment de son âme. En Égypte aussi, il y a tant de grands acteurs avec lesquels j’aimerais ou avec qui j’aurai aimé travailler.

Quel rôle aimeriez-vous jouer à l’avenir ?

Il y a deux rôles que j’aimerais jouer, et ils sont tous deux égyptiens. Le rôle d’Adham Sabri dans le livre Ragol Al Mostaheel (l’homme de l’impossible) et celui de Nour El Deen Mahmoud qui est un héros d’une série de livres intitulée Malaf Al Mostakbal (le dossier du futur) de l’auteur Nabil Farouk. Sur le plan international, j’aime surtout faire des personnages compliqués avec plusieurs niveaux de personnalité comme dans l’œuvre de Christopher Nolan. Il voit vraiment les choses d’une manière que personne ne peut voir.