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Samir Nicolas Saddi, l’architecte libano-canadien qui reconstruit le monde arabe

Si cet architecte canadien et libanais de renom a déjà quelques victoires à son palmarès, il ne compte pas s’y arrêter. Après avoir obtenu la cinquième place au concours international de l'UNESCO pour la reconstruction et la réhabilitation de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, Samir Nicolas Saddi a de nombreux projets afin de réhabiliter le patrimoine du monde arabe. 

Un métier au service de la protection du patrimoine arabe 

L’artiste libano-canadien né à Beyrouth s’est engagé à consacrer sa vie à pour rendre compte de la fragilité de l’environnement traditionnel au Moyen-Orient et à proposer des approches innovantes en matière d’architecture durable. “Je suis très préoccupé par la façon de reconstruire le monde arabe, en particulier les pays qui ont été dévastés par la guerre” déclare-t-il …

Cette cause, c’est dès la fin de ses études qu’il se l’est approprié. Samir Nicolas Saddia a terminé ses études d’architecte en 1974. À l’époque, il semblait que le pays se dirigeait vers une ère fructueuse et prospère, et Saddi travaillait déjà avec un grand cabinet d’architecture sur des projets à développer au cours des dix années suivantes. Mais tout cela s’est brusquement arrêté lorsque la guerre civile dévastatrice du pays a éclaté en 1975. « Au début, nous pensions que cela ne durerait que quelques mois, et puis cela a duré 19 ans« , explique-t-il.

Pour Saddi, documenter l’architecture historique ou traditionnelle était crucial dans un monde qui évolue si vite et où le temps semble manquer pour ces lieux.

La création d’un centre de recherche pour l’architecture et la conception de l’environnement 

C’est ainsi que l’architecte a monté ARCADE, un centre de recherche pour l’architecture et la construction d’un environnement durable. 

L’idée principale derrière cette agence est de « documenter ces endroits parce que, au moins, si vous avez de la documentation, vous pouvez photographier l’architecture urbaine, et plus tard élaborer beaucoup de recherches qui consolideront l’architecture contemporaine moderne et les projets« 

Réhabiliter des régions fragilisées ou dévastées, l’objectif d’une vie 

Monsieur Saddi évoque de nombreuses autres villes du monde arabe qu’il estime crucial de réhabiliter afin que les gens se souviennent d’elles et les reconnaissent comme les symboles de la riche architecture urbaine qu’elles composent.

En fin de compte, son objectif est de montrer au monde entier le patrimoine unique du Moyen-Orient, tout en faisant comprendre à la jeune génération d’architectes et d’urbanistes du monde arabe combien il est crucial de développer leur architecture sur la base de leur patrimoine.

« Nous ne devons pas copier« , a-t-il déclaré. « Il s’agit d’aller plus loin, de se connecter réellement à ce patrimoine et de perpétuer son esprit, comme ce qui se passe à Mossoul« 

Pour Saddi, de tels projets ne consistent pas à simplement recréer le passé, mais plutôt à introduire un nouvel esprit en lien avec le passé. « C’est mon espoir – que d’une manière ou d’une autre nous puissions y parvenir par le biais de publications et d’ateliers« 

Une jolie promesse pour l’avenir architectural oriental …