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4 start-ups qui luttent contre le gaspillage alimentaire dans la région MENA

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans le monde. Dans la région MENA, ce gaspillage atteint jusqu'à 250 kilogrammes de nourriture par habitant et par an. Un fléau que quelques start-up ambitieuses ont bien décidé de contrer.

Aujourd’hui, 8 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde proviennent du gaspillage alimentaire, un problème préoccupant auquel le secteur public comme privé ont décidé de s’attaquer

Champions du monde du gaspillage, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite se sont engagés à réduire de 50 % leurs pertes alimentaires d’ici à 2030, afin d’aligner leurs politiques sur l’objectif de développement durable 12.3 des Nations unies. Une mission soutenue du côté des entreprises à en croire l’apparition récente d’initiatives innovantes dans la région, qui comptent bien apporter des solutions et résoudre le problème du gaspillage alimentaire en remédiant aux inefficacités de l’ensemble de la chaîne de valeur.

Uvera (Arabie saoudite)

En Arabie saoudite, la startup de biotechnologie Uvera utilise l’exposition aux rayons UV-C pour augmenter la durée de vie des aliments, et lutter contre le gaspillage alimentaire. Une technique scientifiquement prouvée qui détruit l’ADN des agents pathogènes responsables de la détérioration des aliments et des maladies d’origine alimentaire, comme les champignons par exemple. En 30 secondes d’exposition seulement, la durée de conservation des aliments frais est doublée, et cela sans avoir à utiliser de produits chimiques. Ce qui bénéficie au consommateur comme à la planète. Cette technologie a même été approuvée par l’administration américaine des aliments et des médicaments (FDA) en avril 2019 comme moyen de traitement alimentaire sécuritaire. 

Foodeals (Maroc)

Créée début 2020, cette jeune start-up marocaine ambitionne de devenir la plus grande communauté engagée contre le gaspillage alimentaire du Moyen-Orient et d’Afrique. Inspirée par le principe de l’économie circulaire, son application propose aux utilisateurs, grâce à la géolocalisation, de détecter les commerces de proximité proposant les produits invendus du jour à des prix préférentiels. Une formule gagnant-gagnant puisque le consommateur fait des économies et le commerçant transforme son manque à gagner en chiffre d’affaires tout en améliorant sa visibilité . Fonctionnant déjà sur Fès avec une dizaine de commerces pilotes, Foodeals compte bien s’implanter prochainement dans les autres grandes villes du Royaume. La start-up compte également élargir son activité vers le BtoB en mettant en contact les grandes surfaces et les agro-industriels avec les ONG ayant des besoins quotidiens en produits alimentaires

Tekeya (Jordanie)

Fondée en 2019, TeKeya est une entreprise sociale qui donne la possibilité aux restaurants de redistribuer leur surplus de nourriture. Grâce à son application, elle permet aux fournisseurs alimentaires de vendre tous leurs produits avant expiration, aide les utilisateurs à économiser de l’argent, et les organisations caritatives à s’assurer un canal de dons régulier. Les fournisseurs de denrées alimentaires peuvent soit liquider leurs invendus en les vendant sur l’application à un prix réduit de 50 % ou encore faire des dons via un modèle d’abonnement, qui sont ensuite distribués aux organisations de bienfaisance. Depuis sa création, la startup s’est associée à 65 restaurants en Égypte et discute actuellement avec des investisseurs afin d’obtenir son premier financement d’ici la fin de l’année pour faciliter son expansion dans les Émirats arabes unis et d’autres pays du CCG.

EroeGo (EAU)

Bien qu’elle n’ait pas encore été officiellement lancée, EroeGo fait grand bruit dans la communauté des consommateurs responsables aux Émirats arabes unis. Il s’agit d’une épicerie en ligne qui vise à créer une communauté d’acheteurs informés et responsables de l’impact environnemental de leurs achats. Son modèle économique s’appuie sur un système de livraison de nourriture durable et équitable, dont le but est de lutter contre le gaspillage alimentaire et le changement climatique. La startup vise aussi à modifier la perception de la région sur les aliments “indésirables”, en offrant une plateforme transparente qui fournisse à ses utilisateurs des informations nutritionnelles de base, en plus d’un cycle d’achat optimisé par un système d’envoi de produits frais, et la garantie de salaires équitables pour ses chauffeurs-livreurs