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Arabie saoudite : 3 choses à retenir du FII

La 4ème édition du forum Future Investment Initiative (FII), que l’on surnomme souvent le Davos du désert, a lieu en ce moment même, en version totalement dématérialisée à cause des mesures sanitaires en place en Arabie saoudite. Ce prestigieux rendez-vous, aux thématiques et aux intervenants variés, apporte chaque année de précieuses clés de lecture sur la situation économique mondiale et son avenir. En voici quelques morceaux choisis…   

Des changements structurels pour accueillir les investisseurs étrangers 

L’une des présentations les plus attendues était sans aucun doute celle de Yasir Othman al-Rumayyan, le gouverneur du Fonds d’Investissement Public (FIP) saoudien. A juste titre, puisqu’elle annonce les orientations stratégiques économiques du Royaume pour les années à venir. Et il semblerait que le mot d’ordre soit à l’optimisme. « Chaque crise intensifie l’innovation et force la productivité à augmenter », a même déclaré Khalid Al-Rumaihi, le PDG de Bahrain Mumtalakat Holding Company. En effet, malgré l’évidente crise traversée par le monde entier à cause des répercussions des mesures sanitaires sans précédent mises en place par les autorités du monde entier, le FIP envisage d’importants investissements, dans tout le spectre technologique dans un premier temps, ensuite suivront les secteurs du tourisme et de l’immobilier. 

Yasir Othman al-Rumayyan, gouverneur du FIP 

Résolument tourné vers l’avenir (Le forum de cette année a pour thématique principale la “Néo-Renaissance”), le gouverneur a rappelé que les investissements seraient à l’origine de la relance de l’économie. Rappelant la différence fondamentale entre l’économie réelle et les marchés financiers, al-Rumayyan, a souligné la diversification des investissements en Arabie saoudite et tenu ces propos, encourageants pour d’éventuels investisseurs étrangers : « Le gouvernement saoudien tient à attirer les investisseurs, c’est pourquoi nous sommes en train de modifier et de changer les lois. Nous prévoyons également d’accorder encore plus d’exonérations fiscales aux investisseurs internationaux« . Une bonne nouvelle, notamment pour la France, où la Bpi vient de signer un accord de partenariat visant à ouvrir davantage le marché saoudien aux entreprises françaises. 

Bruno Le Maire, ministre français de l’économie

Tirer les leçons du Covid et avancer 

Certes, le monde est encore à moitié (peut-être même davantage encore) paralysé par le Covid-19, mais l’heure n’est pas à l’apitoiement. Si l’on décide que la crise est vectrice d’opportunités, comment les saisir ? Lors de son intervention au FII, le ministre français de l’économie Bruno Le Maire a dégagé trois importantes leçons à tirer de cette expérience. La première est qu’il est « absolument essentiel de soutenir les économies de manière rapide et décisive”. La deuxième est qu’il est primordial de constituer un front commun, a déclaré le ministre en rappelant que les grandes décisions économiques étaient prises à l’échelle de toute l’Europe. Enfin, la troisième leçon sur laquelle Le Maire s’est penché était la nécessité d’un développement et d’une croissance durables : « Nous ne pouvons plus avoir le même type de croissance que celle que nous avions avant la crise. Il est nécessaire d’investir davantage dans les nouvelles technologies et l’innovation afin d’émettre moins de CO2 et d’avoir une économie durable ». A bon entendeur… 

La diversification de l’économie, plus que jamais d’actualité

Toujours très encline à se défaire de sa dépendance au pétrole en développant des alternatives, l’Arabie saoudite continue de miser sur le secteur du tourisme. Concrètement, cela se traduit par exemple par le lancement de Cruise Saudi, l’organisme qui aura pour vocation d’accueillir des touristes sur les côtes et au large de la Mer Rouge pour leur faire découvrir l’immense potentiel du pays, et ainsi le placer sur la carte des destinations touristiques efficacement et durablement. 

La compagnie siègera à Djeddah, mais rayonnera sur tout l’Ouest du pays, avec l’objectif de faire également découvrir les nombreux sites archéologiques qui y sont parsemés. Entre croisières et escales, les touristes pourront ainsi découvrir l’intégralité des richesses que l’Arabie saoudite a à offrir. 

 

Mohammed al-Jadaan, ministre saoudien des finances

Bien sûr, le pays ne mise pas tout sur le tourisme. Il prévoit également d’investir dans la technologie, les énergies renouvelables, le traitement des déchets et d’autres secteurs de première importance. Et le ministre saoudien des finances, Mohammed al-Jadaan, de déclarer : « Pour nous, la diversification est une situation gagnant-gagnant. Aider l’économie à se développer augmentera l’assiette fiscale, ce qui signifie plus de revenus pour le gouvernement et lui permettra de fournir de meilleurs services à la population et aux citoyens d’Arabie saoudite« .