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Quelles sont les religions pratiquées aux Comores ?

L’union des Comores est un chapelet d’îles situées au nord de Madagascar, en plein canal du Mozambique au milieu de l'océan Indien. Le pays est composé de quatre îles, la Grande Comore sur laquelle se trouve la capitale Moroni, l’île de Mohéli, celle d’Anjouan et Mayotte. Cette dernière est cependant devenue un département français en 2011 après plusieurs référendums. De par sa situation géographique et ses flux commerciaux maritimes, l’Etat a toujours bénéficié de contacts et d’une influence conséquente avec le Moyen-Orient et le monde musulman. Le contexte religieux est directement hérité de l’Histoire.

L’islam, religion dominante depuis le XIIIème siècle

Il faut mettre en perspective l’emplacement stratégique de l’archipel, véritable porte d’entrée vers l’Afrique pour les puissances arabes et asiatiques – et inversement -, pour comprendre que les Comores ont été une terre occupée par les peuples marchands et les puissances coloniales au cours de l’Histoire, ce qui peut expliquer en partie le contexte religieux actuel.

Les origines de l’islamisation des Comores sont incertaines. Cependant, les trouvailles de l’archéologue Felix Chami laissent à penser que l’influence musulmane remonterait au VIIème siècle. En 2010, la découverte d’une mosquée datant du XIIIème siècle cachait en effet trois fondations d’époque distincte, et les matériaux trouvés ainsi que les écritures sur des poteries confirment une pratique de l’Islam dans l’archipel. Alors que les premières traces de civilisation et de peuplement sont estimées dater du VIème siècle, on peut en déduire que l’Islam a été l’un des fondements de la construction du pays, et est aussi ancien que les premières populations.

Plus tard, l’arrivée des peuples perses, et en particulier des dynasties chiraziennes (Chiraz est une ville iranienne, berceau de nombreuses communautés de commerçants et d’aventuriers dans l’Antiquité), semble avoir influencer les élites comoriennes dans leur rapport à l’islam, et plus particulièrement au chiisme, dont l’Iran est le berceau.

La liberté religieuse subsiste pour une très faible minorité

La tendance s’inverse cependant assez tardivement au XIVème siècle, lorsque les élites aristocratiques locales sont remplacées par le courant sunnite, qui devient alors la norme et le seul islam pratiqué aux Comores : 98% des Comoriens sont aujourd’hui musulmans.
Progressivement, le système juridique du pays est impacté par le droit islamique, et l’islam devient religion d’Etat en 2009.

Bien que la liberté religieuse subsiste, les 2% de non musulmans (chrétiens et hindous) se font discrets, car le prosélytisme et l’évangélisation restent interdits. La mission catholique est tolérée en raison de son engagement caritatif, de son implication dans l’éducation et du soutien sanitaire qu’elle apporte à la population comorienne. Elle a été fondée aux Comores dans les années 1930 par des Capucins malgaches, et son rôle est purement social et symbolique.

 

 

En photo, voici la Mosquée de Moroni, également connue sous le nom de Mosquée du Vendredi (en référence au jour de la prière), site touristique incontournable de la capitale des Comores, et symbole d’une tradition ancrée dans l’Histoire.