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Transformer l’air en eau, c’est possible dans le désert émirien !

Transformer l’air du désert d'Arabie saoudite en eau potable, c’est le projet fou et innovant de l’entreprise américaine et technologique Zero Mass Water. Son objectif ? Proposer un modèle durable et idéal pour les régions les plus arides du globe. Retour sur ce projet hors du commun. 

Aujourd’hui, l’air que l’on respire contient presque 95 % de vapeur d’eau, issue majoritairement de l’évaporation des pluies, des océans, des mers et plus largement de tout plans ou cours d’eau. Ce sont donc près de 12 000 milliards de litres qui sont présents dans l’air qui peuvent être mis à profit afin d’économiser à la fois l’eau mais aussi l’énergie et le plastique, matériaux nécessaires à la production de bouteilles. 

Zero Mass Water, une enseigne spécialisée dans la fourniture d’eau potable via l’utilisation de méthodes durables l’a bien compris. Dans son usine, installée à une vingtaine de kilomètres de Dubaï, et grâce aux nombreuses installations de désalinisation, l’entreprise est parvenue à pétrir l’humidité de l’air pour la transformer, à terme, en eau potable, et le tout grâce aux énergies fossiles. 

Un mécanisme précurseur dans le domaine  

Zero Mass Water a débuté son projet avec 1.250 panneaux absorbant la vapeur d’eau à l’aide de l’énergie solaire. Équipés de filtres, ces machines sont capables de sélectionner uniquement les molécules d’eau et les capturer, et ce, même dans un environnement pollué. Les environs de Dubaï, à la fois arides et humides, sont donc les lieux idéaux pour mener à bien le projet.  

 

Ce projet redouble d’ingéniosité, non pas du fait du mécanisme de l’eau transformée par l’air, mais de par son ampleur. En effet, Zero Mass Water utilise des « hydropanels », un produit phare pour identifier la vapeur d’eau de l’air et la transformer pour atteindre jusqu’à cinq litres par jour. A titre d’illustration, deux de ces panneaux suffisent à fournir de l’eau pour les besoins quotidiens d’un ménage en matière de boisson et de cuisine.

Si toute la transformation est permise grâce à l’énergie solaire, les bouteilles sont quant à elles, conçues en plastique recyclé, et leur bouchon est en bambou, un ensemble donc durable de l’intérieur à l’extérieur de la bouteille. 

« L’usine d’embouteillage fonctionne à l’énergie solaire, les bouteilles que nous utilisons sont recyclables et les bouchons sont durables« , déclare Samiullah Khan, directeur général d’IBV, une entreprise émiratie qui achète cette eau

Une solution durable face à la crise de l’eau 

Si cette entreprise est à l’écoute de l’environnement et œuvre pour la transition écologique, c’est un mécanisme qui ne pourra malheureusement pas encore rivaliser avec les grandes industries déjà présentes sur le marché. En effet, sa capacité de production initiale n’est « que » de 2,3 millions de litres d’eau, ce que l’on peut comparer à l’équivalent d’une piscine olympique. 

Néanmoins, grâce à sa technologie, l’entreprise américaine propose un concept innovant qui pourrait facilement être mis en œuvre dans les régions les plus arides du monde telles que celles du Moyen Orient et de l’Arabie saoudite, des régions où l’accès à l’eau potable est encore problématique, menaçant la santé des habitants ainsi que leur sécurité alimentaire.

Mais, au delà des aspects solidaires et sanitaires, cette technique est aussi la clé afin d’aider les Emirats Arabes Unis à renforcer leurs cultures, éliminant le souci de dépendre du sol pour la culture des plantes et minimisant les importations de nourriture, tout en utilisant la technologie pour produire des quantités d’eau durables. 

« Il s’agit ensuite de produire de l’eau pour la culture locale des tomates et d’autres produits afin de ne pas avoir à supporter les coûts de transport et les flux financiers de l’économie pour acheter de la nourriture« , a déclaré Cody Friesen, fondateur de Zero Mass.

Une nouvelle étape vers la transition écologique